En six mois, la monnaie locale Gonette s'est installée dans le paysage lyonnais

 |   |  518  mots
(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
Six mois après son lancement, la gonette semble avoir réussi son pari : celui d’implanter une monnaie locale citoyenne à Lyon et dans la métropole lyonnaise, véritable moyen de paiement complémentaire à l'euro. Quelque 60 000 gonettes sont d'ores et déjà en circulation. Et la monnaie locale lyonnaise vise à conquérir 2 500 utilisateurs d'ici à la fin de l'année.

Lancée au tout début du mois de novembre dernier, le cap des 60 000 gonettes en circulation a aujourd'hui été dépassé. En un semestre d'utilisation, la monnaie locale citoyenne (MLC) est parvenue à fédérer 120 professionnels et associations dans son réseau, qui compte plus d'une vingtaine de comptoirs de change.

1 800 utilisateurs

Surtout, en tout juste six mois d'existence, elle a séduit quelque 1 800 utilisateurs à l'échelle de la métropole lyonnaise. Un bilan dont se félicite Sébastien Tagliana, coordinateur du projet. "La gonette se développe plutôt bien. Notre courbe de progression est un peu plus accentuée que d'autres monnaies locales complémentaires", juge-t-il, au regard d'autres expériences menées en France - plus d'une trentaine de monnaies locales sont actuellement en circulation dans l'Hexagone.

Lire aussi : A Lyon, la Gonette dernière-née des monnaies locales

Moyen de paiement complémentaire à l'euro, la gonette vise à soutenir l'économie locale, par la création de circuits courts. Par ailleurs, elle entend rassembler des citoyens, les acteurs économiques et politiques, les associations et les partenaires bancaires autour d'un véritable projet de société.

L'objectif de 100 000 gonettes en circulation

"La gonette a profité du soutien des collectivités, notamment de la Région qui l'a subventionnée pour ses deux premières années d'existence et l'a fait entrer dans une belle dynamique. De plus, Lyon présente un beau vivier et un beau potentiel de développement en matière d'économie sociale et solidaire", explique Sébastien Tagliana.

Un terreau fertile en quelque sorte, qui augure de belles perspectives de développement dans le semestre à venir. En termes de chiffres, la gonette vise à conquérir 2 500 utilisateurs d'ici à la fin de l'année 2016.

"Par ailleurs nous souhaitons intégrer 130 nouveaux partenaires professionnels et associatifs chez qui il sera possible de dépenser ses gonettes. Dans le même intervalle, nous visons le cap des 100 000 gonettes en circulation."

L'équipe actuelle de coordination de la monnaie locale, forte de quatre salariés, de trois services civiques et d'une quarantaine de bénévoles, espère également recruter un nouveau salarié.

"Des groupes locaux intéressés par la gonette naissent un peu partout autour de Lyon, constate encore Sébastien Tagliana. Ce poste de coordination permettra d'élargir le réseau de partenaires et de développer la monnaie locale sur de nouveaux territoires, à commencer par l'Ouest lyonnais, le Beaujolais et le Val de Saône.

Label, "Lyon, ville équitable et durable"

Dernier axe de développement, la gonette souhaite intensifier sa collaboration avec les collectivités territoriales.

"Il s'agit notamment, dans le courant du second semestre, de formaliser un partenariat avec le label "Lyon, ville équitable et durable", créé en 2010", projette le coordinateur de la gonette.

Ce label marque la volonté de la ville de Lyon "d'identifier les entreprises, commerces, artisans, lieux et événements qui répondent de manière pragmatique aux enjeux du développement durable à travers une offre de consommation responsable". Des valeurs partagées et incarnées par les utilisateurs et partenaires de la monnaie locale lyonnaise.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/05/2016 à 11:02 :
Encore une BELLE CONNERIE (quatre salariés, de trois services civiques et d'une quarantaine de bénévoles) pour quoi faire ? On fait encore payer aux contribuables une ânerie monumentale d'autant qu'avoir 2 monnaie dans les poches est une gêne et que l'on peut acheter et dépenser local sans cet ersatz, il suffit que les commerces fassent eux des efforts pour garder leurs consommateurs.
Réponse de le 09/05/2016 à 12:17 :
Le problème n'est pas tant de pouvoir consommer local, bien sûr que chacun peut le faire avec ses euros, encore que la dimension d'éducation populaire derrière le projet n'est pas anodine dans le fléchage de la consommation.

Le problème réside d'abord dans le fait que 98% des transactions monétaires en euros se font sur les marchés financiers, pour seulement 2% dans l'économie réelle.
Vous pouvez bien acheter et dépenser aussi sain et responsable que vous le souhaitez, très rapidement, l'argent se retrouve sur un compte en banque et fuit inévitablement vers la spéculation boursière et le trading haute fréquence qui la rend toujours plus perverse.
La Gonette, elle, ne peut pas aller alimenter la spéculation boursière, c'est la règle du jeu, et les euros changés en contrepartie ne servent qu'à investir dans l'ESS locale. Joli coup nan ?

Le problème réside ensuite et surtout dans le fait que tout le monde à déserté le terrain où se prennent les décisions.
Or, l'argent, la monnaie, est un outil que nous utilisons chaque jour de nos vies, un outil vital au même titre que l'eau ou la nourriture.
Il est important que nous ayons un droit de regard sur les décisions qui sont prises, surtout lorsqu'elles conduisent à des règles permettant la fuite de la monnaie depuis l'économie réelle vers les marchés financiers.

Le but original de la monnaie était entre autre de permettre une fluidification des échanges de biens et de services entre les différentes parties prenantes de la sociétés et dans l'économie réelle.
Aujourd'hui, les règles du jeu de la monnaie, et notamment celles de la création monétaire avec intérêts positifs par les banques privées, nous mettent en compétition et facilitent le fonctionnement que nous connaissons aujourd'hui.

N'y a-t-il pas un effet d’entraînement intéressant dans le fait de mettre en circulation une monnaie complémentaire à l'euro, permettant de stimuler un tant soit peu une économie locale saine (c'est une réalité malgré tout), en favorisant un investissement de l'épargne dans des filières de l'économie réelle (principalement ESS), et en redonnant à chacun la sensation du pouvoir d'agir, avec des clés de compréhension...?

A mon sens ça vaut le coup, et les projets de monnaies citoyennes sont en train de monter en puissance sur le territoire français (le premier au monde à les avoir légalisé), bien souvent soutenus par les collectivités qui ont bien compris que pour le coup nous avons tous les mêmes intérêts, les professionnels suivent eux aussi la marche et pourtant ce ne sont pas les derniers à douter quand on leur parle de solutions miracles aux problèmes monétaires et financiers.
Bref, je ne pense pas que ce soit un hasard.

Je vous conseille de bien vous informer pour vous faire une opinion fondée, ce sont vraiment de beaux projets. Ils sont imparfaits, vous leur trouverez des défauts, c'est sur, mais ils ont le mérite d'avancer sur la voie en incluant tout le monde à la réflexion, profitez en ! : )
a écrit le 06/05/2016 à 19:54 :
Du beau charabia et du mauvais marketing que cet article :-)
Réponse de le 11/05/2016 à 17:18 :
Je trouve que ces expériences de monnaies locales méritent d'être tentées

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :