La banque éthique Nef renforce son ancrage dans le paysage financier

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(Crédits : Laurent Cérino/ADE)
Depuis le 4 avril, les professionnels peuvent disposer d'un compte courant au sein de la banque éthique lyonnaise. Et les particuliers y souscrire directement un livret. Une nouvelle étape vers une plus grande institutionnalisation de la coopérative bancaire.

Cette fois, c'est fait ! La Nef est bien une banque de plein exercice. Désormais dotée d'un système d'informations lui permettant d'effectuer l'ensemble des opérations bancaires et autorisée par la Banque de France à réaliser ces dites opérations, la Banque éthique lyonnaise propose un compte courant aux professionnels depuis le 4 avril.

"Ce produit est destiné aux entreprises et aux associations, mais nous nous réservons le droit de refuser un client pour des raisons éthiques. Ainsi, si nous constatons de façon objective que l'argent qui nous est confié provient de circuits très spéculatifs ou de sources que nous ne pouvons pas contrôler, nous n'accepterons pas ce client. Il en va de même si nous constatons qu'une entreprise qui nous sollicite travaille sur des projets remettant en cause les principes de la RSE", précise Frédéric Moukarim, directeur du développement de la Nef.

Le round d'essai avec les pros

Accessibles aux entreprises et aux associations, ce compte courant "pro" a valeur de test pour la banque éthique (présidée par Jean-Marc de Boni) qui entend donc le faire monter en puissance petit à petit, avant de le proposer aussi aux particuliers.

"Pour l'instant, les moyens de paiement restent limités aux prélèvements et aux virements, mais d'ici quelques mois, l'ensemble de la palette des moyens de paiement sera disponible", explique Frédéric Moukarim.

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En attendant, la Banque de France va scruter à la loupe le déroulement des opérations, histoire de vérifier que le système d'information bancaire mis en place par la Nef lui permet de s'acquitter sans fausse note des opérations relatives à la tenue des comptes courants. Que les salariés de la Nef sont capables d'accompagner le déploiement de ces nouveaux produits et services. Et que cette nouvelle activité est bien réalisée en restant dans les clous des sacro-saints ratios imposés par l'accord Bâle III visant à renforcer le système financier à la suite de la crise des subprimes.

Le livret commercialisé en direct

L'autorité de contrôle va également s'intéresser de près à la commercialisation en direct du livret de la Nef, elle aussi sur les rails depuis début avril.

"Jusque là, nous avions un accord commercial avec le Crédit Coopératif qui distribuait notre livret. Désormais il est disponible sur notre site internet", fait valoir le directeur du développement de la Nef qui se félicite des premiers pas de la vente en direct.

"Nous avons en moyenne plus d'une centaine de demandes par jour". Si ce rythme se confirme, Frédéric Moukarim estime que la collecte directe prendra le pas sur le partenariat avec le Crédit Coopératif d'ici moins de 24 mois.

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La banque éthique, qui revendique aujourd'hui 11 000 livrets représentant un encours de 180 millions d'euros, mise notamment sur ses partenaires, spécialement le mouvement Colibris, et sur une campagne de communication principalement déployée sur les réseaux sociaux pour réussir son pari.

Généralisation des services

Si tel est le cas et si le système d'information tient ses promesses d'accompagner sans faille ce déploiement de produits et services auprès des clients professionnels, comme des particuliers, d'ici à deux ans, la NEF devrait pouvoir proposer aux particuliers comme aux professionnels toute la gamme des produits bancaires du compte courant aux prêts, en passant par l'épargne.

Le tout placé sous le signe de l'éthique et de la RSE. Au prix d'un investissement conséquent puisque depuis 2 ans, la NEF consacre près de 9 % de sa masse salariale à la formation.

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Commentaires
a écrit le 28/04/2016 à 15:49 :
Bonne chance! s'il y a une alternative fiable et solide face aux prédateurs de la finance, tout ira mieux. Il ne faut jamais oublier qu'un autre monde est possible.
Réponse de le 29/04/2016 à 13:49 :
Non, tout n'ira pas mieux pour autant, vu que même les coops et les financements participatifs se retrouvent à un moment en concurrence et "que le meilleur gagne" à la fin ("que les autres perdent"), reste le système fondateur.

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