Affaire Anaf : Manquement déontologique

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La brochure célébrant les 40 ans d'exercice de Jean-Claude Anaf ? Une hagiographie pure mégalomanie, estime-t-on au sein de la profession.
La brochure célébrant les 40 ans d'exercice de Jean-Claude Anaf ? Une hagiographie "pure mégalomanie", estime-t-on au sein de la profession. (Crédits : DR)
Dans son arrêt du 27 octobre 2015, la Cour d'Appel de Lyon a confirmé la condamnation en première instance (15 décembre 2014) de Jean-Claude Anaf à la « censure simple » et de Jean Martinon au « rappel à l'ordre » pour des pratiques jugées non conformes à la déontologie de la profession.

En cause : la publication d'une brochure, « largement diffusée à 3 400 exemplaires », sur les 40 et 20 ans d'exercice des deux associés. Les motivations de la Cour sont explicites :

« Une publicité personnelle, contenant des affirmations comparatives inappropriées avec le reste des confrères et réalisée dans des conditions contraires au respect des obligations déontologiques ».

Plus précisément, « maître Anaf y apparaît doté de qualités supérieures à celles de ses confrères, notamment en terme d'efficacité : « meilleur commissaire-priseur en toutes circonstances, un incroyable ténor du marteau qui, grâce à son jeu de scène mêlant prestance verbale et gestuelle bien maîtrisée, sait qu'il peut obtenir jusqu'à 30 % de prix en plus qu'un confrère qui vend classiquement, des professionnels hors pair dans le judiciaire ».

L'admonestation concerne d'ailleurs aussi « l'amalgame entre commissaire-priseur volontaire et commissaire-priseur judiciaire ». In fine, la brochure de 40 pages est jugée « indéniablement une publicité comparative des deux commissaires-priseurs, péjorative pour leurs confrères et un dénigrement pour ces derniers ».

Confrontation idéologique

Et il est vrai qu'elle est particulièrement laudative. Pêle-mêle sont évoqués les décorations de Jean-Claude Anaf, ses « dons de showman » et son « processus de transformation quand les enchères démarrent et qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie », les collectionneurs qui ne « peuvent rêver mieux pour disperser leurs objets sous la houlette d'un commissaire-priseur aussi talentueux », son travail dans « la plus grande confiance des juges des tribunaux de commerce, devenant le correspondant de référence des professionnels du secteur », « un véritable modèle pour une nouvelle génération de commissaires-priseurs, lui qui a embrassé une carrière exemplaire auréolée de nombreuses enchères historiques », sa présence au 49e rang du classement établi par le magazine Lyon People des 100 personnalités locales les plus influentes « alors qu'aucun autre commissaire-priseur ne figure dans la liste ».

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Et de conclure « qu'il ne se passe pas un jour sans qu'un Lyonnais ne lui demande : Quand referez-vous des ventes ? ».  Mais l'interprétation de cette condamnation va au-delà. Elle reflète le face-à-face « idéologique » auquel se livrent les sentinelles d'un strict respect de la tradition déontologique à ceux qui teintent cette dernière d'une ambition entrepreneuriale et commerciale iconoclaste en France mais commune dans les pays anglo-saxons.

Lire aussi : Commissaire priseur : Jean-Claude Anaf, les affaires dans l'Affaire

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