Crédit Agricole Centre France : "fusionner avec les caisses de Rhône-Alpes ne nous intéresse pas ! "

 |   |  496  mots
Marc Deschamps (au centre) directeur général du crédit Agricole Centre France
Marc Deschamps (au centre) directeur général du crédit Agricole Centre France (Crédits : Geneviève Colonna d’Istria)
La direction du Crédit Agricole Centre France posait, mercredi matin, la première pierre de son futur siège social clermontois. La première banque régionale et 450 de ses salariés s'installeront d'ici le printemps 2018 dans le parc tertiaire des Montels, sur la commune de Cébazat, près de Clermont-Ferrand. Un investissement de 30 millions d'euros qui marque clairement l'ancrage de la banque en Auvergne, loin de la fusion avec Rhône-Alpes, pour Marc Deschamps, directeur général du crédit Agricole Centre France.

Acteurs de l'Economie-La Tribune : Quel est le fondement de ce projet de nouveau siège social ?

 Marc Deschamps : Le but de la construction de ce siège social est simple. Tous les sièges de la banque ont été refaits, à l'exception du siège clermontois. En plus, le nôtre était implanté à six endroits différents sur la ville de Clermont-Ferrand. Donc il y avait des dysfonctionnements entre les services et des surcoûts importants. L'idée d'un nouveau site s'est imposée. On s'est mis en quête de trouver un terrain suffisamment important pour accueillir 450 personnes, un amphithéâtre de 500 places.

 30 millions d'euros, c'est un gros investissement...

 Je rappelle pour mémoire que pour 400 personnes, l'Hôtel de région a coûté 90 millions d'euros ! Nous, nous ne sommes pas dans ce schéma-là. 30 millions d'euros, c'est ce que vous trouverez de moins cher pour un site tel que celui-ci. Par comparaison, le nouveau siège de Limagrain qui sera voisin du nôtre a coûté 22 millions d'euros, mais ils n'ont pas de lieu de restauration pour le personnel et pas d'amphithéâtre.

A la veille du rapprochement entre Auvergne et Rhône-Alpes, songez-vous un jour à fusionner également les deux caisses Centre France et Rhône-Alpes ?

 Pas du tout ! Nous n'avons absolument pas l'intention de fusionner. Nous avons cinq caisses régionales sur la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes, qui sont les cinq plus importantes en France, dont celle de Clermont-Ferrand. Nous représentons à peu près 100 milliards de crédits à l'échelle de la nouvelle région et 11.000 collaborateurs et nous n'avons absolument pas de projet de fusion de quelque nature que se soit à au moins quinze ans !

 Pourquoi une position aussi tranchée ?

 Aujourd'hui, il n'y aucun  intérêt à le faire. Nous sommes une banque de proximité , nous sommes la troisième entreprise de l'Auvergne après Michelin et Limagrain avec 2500 salariés. Si vous ajoutez les deux filiales Banque Challus et Square Habitat nous sommes 2800 personnes. Nous avons des capitaux propres importants et des niveaux de résultats très satisfaisants. Nous sommes l'une des caisses régionales dans le top du panier en France. Pour toutes ces raisons, nous n'avons aucune raison de fusionner.

 Quels sont vos objectifs pour l'avenir ?

 Continuer à investir et augmenter notre fonds de commerce. Le problème dans la région Auvergne est que la population est légèrement plus âgée que la moyenne nationale.  Nous sommes la cinquième caisse de France alors que l'Auvergne est en terme de population la 16eme sur 22. Il y a encore un décalage important. Donc nous souhaitons augmenter toujours plus le nombre de nos clients, donc de nos sociétaires. Loin du système capitalistique classique.

Le Crédit Agricole Centre France en chiffres

  • 5 départements : Allier, Cantal, Corrèze, Creuse, Puy-de-Dôme
  • 2400 salariés (dont 450 au siège de Clermont-Ferrand)
  • 917 370 clients
  • 1 habitant sur 2 est client
  • 3 entreprises sur 5 sont clientes
  • 4 agriculteurs sur 5 sont clients.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :