Grenoble : la CERA ouvre une agence dédiée à l'innovation

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Didier Bruno, membre du directoire du Pôle Banque Développement Régional de la CERA et Caroline Hanriot Sauveur, directrice de la nouvelle agence Innovation.
Didier Bruno, membre du directoire du Pôle Banque Développement Régional de la CERA et Caroline Hanriot Sauveur, directrice de la nouvelle agence Innovation. (Crédits : ML)
La Caisse d'Épargne Rhône-Alpes (CERA) ouvre une agence Innovation à Grenoble, qui couvrira l'ensemble de la région Rhône-Alpes. L'objectif ? Mieux répondre aux PME et start-ups qui se positionnent dans des secteurs en rupture de business model. Un projet d'incubateur a Lyon est également avancé.

Avec 3 ressources dédiées, la Caisse d'Épargne Rhône-Alpes (CERA) annonce l'ouverture d'une nouvelle agence Innovation qui sera hébergée au sein des locaux existants de la CERA à Grenoble, situés au 10 rue Hébert.

Placée sous la direction de Caroline Hanriot Sauveur, cette nouvelle agence sera destinée aux PME travaillant sur des business model de rupture, dont le chiffre d'affaires projeté dépasse les 5 millions d'euros sur un horizon de 5 ans, et qui possèdent idéalement un fort potentiel de croissance à l'international. "Nous serons sélectifs", précise Didier Bruno, membre du directoire du Pôle Banque Développement Régional, qui se refuse à parler de toute "annonce marketing".

Un mix entre accompaniment et financement

Alors que ses concurrents innovent à coup des concept "Stores" ou de villages d'entreprises, la CERA a voulu se démarquer sur le marché des entreprises à forte croissance, en proposant un modèle "déjà expérimenté en interne depuis 2 ans auprès de 30 entreprises locales".

"Il s'agit d'un mix entre de l'accompagnement, du conseil, du financement bancaire classique, de la mise en relation, de la recherche de subvention", détaille Didier Bruno, qui affirme que parmi les candidats accompagnés, figurait la start-up grenobloise Isorg qui vient de lever 6,4 millions d'euros en juillet dernier auprès de Bpifrance, Sofimac Partners, CEA Investissement, de business angels et d'industriels.

Avec un bémol : "Cette agence n'aura pas vocation à entrer au capital des entreprises, mais bien à les accompagner et les mettre en relation", souligne sa directrice, Caroline Hanriot Sauveur, qui rappelle qu'elle ne constituera ni un accélérateur, ni un incubateur. Aucun secteur d'activité n'est d'ailleurs privilégié : il pourra s'agir du numérique, de la santé, des nanos... "Quand on voit Uber ou les lunettes pour tous, on voit d'ailleurs qu'il n'y a pas que l'innovation technologique", estime M. Bruno.

Une approche bancaire itérative

A travers cette agence, qui sera organisée comme un centre d'affaires à part entière, la CERA veut adaptert ses processus à la réalité des chefs d'entreprises. "Les patrons de start-ups ont besoin d'aller très vite pour se lancer les premiers sur un nouveau marché. Cela nécessitait une adaptation de nos politiques internes ainsi que de notre politique de risques et de crédit, souvent basés sur le passif de l'entreprise", ajoute-t-il.

Pour étudier les demandes de ces entreprises, la banque regardera désormais 4 critères principaux : le profil de porteurs de projet, la capacité de rupture de la solution proposée, le niveau de maturité du projet, et la provenance des financements. "On reproche toujours les délais de réponse des banques. L'idée étant d'avoir 7 à 15 jours de délai entre l'instruction d'un dossier et la réponse du comité de crédit", affirme Didier Bruno.

La CERA privilégiera "les financements partagés avec d'autres acteurs, qu'ils soient publics ou privés, et en plusieurs étapes, pour plus d'agilité", annonce pour sa part Caroline Hanriot Sauveur.

Des partenariats avec des spécialistes

Pour déterminer le potentiel des projets qui lui seront présentés, la banque mise également sur le développement de partenariats avec des spécialistes de différents domaines, sur le modèle des "seniors advisors" présents au sein des sociétés de private equity. "Comme nous n'avons pas vocation à servir un seul secteur, notre métier reste l'expertise financière", précise M. Bruno.

Si l'approche fonctionne, la CERA n'exclut pas de pouvoir dupliquer l'expérience à Lyon, une ville où la banque cultive par ailleurs un projet d'incubateur pour les start-ups d'ici  3 à 5 ans. Cet incubateur pourrait prendre place au sein des anciens locaux de la CERA, dans le quartier Part-Dieu de Lyon. "Notre nouvelle agence innovation s'inscrit dans une stratégie plus globale de soutien aux entreprises innovantes, avec la création d'un incubateur ainsi que des projets de crowdfunding comprenant des dons, des prêts et du private equity", glisse Didier Bruno.

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