PME et banques, le dialogue de sourds

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Alain Prost, PDG de Maison Lejaby © Laurent Cérino
Alain Prost, PDG de Maison Lejaby © Laurent Cérino (Crédits : Reuters)
Les encours de crédits aux entreprises ont continué à progresser, bien que faiblement. Dans le même temps, des patrons de PME se plaignent des difficultés qu’ils rencontrent à obtenir des prêts pour financer leur trésorerie.

Les Atelières, 3 mars 2014. Muriel Pernin, la présidente de cet atelier de confection de lingerie et corseterie, de petites séries, sis à Villeurbanne (Rhône), annonce qu'elle veut demander la liquidation judiciaire et en rejette la faute sur les banques. «Avec notre argent elles exécutent chaque jour des dizaines de PME », assène-t-elle. Bpifrance, établissement public bancaire, en prend aussi pour son grade. Les médias relayent avec d'autant plus de tapage, et de résonance, cette mise en cause que la création de cette coopérative d'intérêt collectif (SCIC) fin 2012, peu de temps après la fermeture des dernières usines de Lejaby, ancienne formule, avait été nationalement saluée comme un acte citoyen. Il voulait faire mentir la fatalité et démontrer qu'un façonnier pouvait encore fabriquer, dans l'Hexagone, soutien-gorge et petites culottes de luxe avec 30 ouvrières.

Une polémique toujours prête à s'enflammer

Malheureusement, le compte de résultat du premier exercice a parlé de lui-même, trahissant des dépenses salariales trois fois supérieures au chiffre d'affaires de 300.000 euros. « Si les grands groupes de lingerie ont besoin de ce type d'atelier en France, pourquoi, ne se manifestent-ils pas ? Un tel soutien de la profession serait un signe fort », pense Arnaud Peyrelongue, directeur du réseau Bpifrance en Rhône-Alpes, tout à fait disposé à apporter sa garantie, sous deux conditions.

Un, que les fonds propres soient remis à niveau. Cette étape a été franchie avec la levée d'un peu plus de 650.000 millions de cash, annoncée le 21 mars. Deux,  que le modèle économique soit repensé. La Caisse d'Épargne, le Crédit Coopérative et LCL (Crédit Lyonnais) étaient également dans le même état d'esprit. Toujours est-il que ce feuilleton, dont il faut espérer qu'il trouve un dénouement de nature à pérenniser cette SCIC, constitue la caricature, poussée à l'extrême, d'une polémique toujours prête à s'enflammer : d'une part les banques certifient qu'elles continuent à financer les PME et d'autre part des entreprises se plaignent du contraire...

A lire dans le magazine Acteurs de l'économie, nouvelle formule en kiosque le 24 avril.

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Commentaires
a écrit le 06/06/2014 à 12:30 :
650 000 millions de cash ? les Atelières n'ont plus besoin d'argent ;-)
a écrit le 02/05/2014 à 17:31 :
Vous n'avez pas compris qu'il n'y a plus de réserve suffisante dans les banques avec les ponctions, que ce n'est plus du temps où la Banque de France prêtait à taux zéro à l'Etat mais c'est par la diaspora des douze banques qui prêtent aux Etats des fonds qu'elles n'ont pas, et qu'en contrepartie on doit rembourser avec intérêt, résultat on ponctionne et on ponctionnera sur ceux qui produisent,exemple Chypre et ce n'est que le début, les plus grand gangsters du siècle

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