Photovoltaïque : Sillia VL va déposer le bilan

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(Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'économie)
Bruno Cassin, PDG de Sillia VL a annoncé ce mercredi qu'il allait demander le placement de l'entreprise sous l'aile de la justice. Cette PME bretonne a repris en juin 2014 l'activité de Bosch Solar à Vénissieux, dans le Rhône en bénéficiant d'un accompagnement financier important de la firme allemande.

Article publié à le 11/01/2017 à 15:05. Actualisé à 15:50

Mauvaise nouvelle pour Sillia VL, la société qui a repris, en juin 2014, l'activité Bosch Solar de Vénissieux assemblant des panneaux solaires. Bruno Cassin, le PDG de l'entreprise bretonne, a annoncé ce mercredi au personnel de l'unité lyonnaise, réuni en assemblée générale à 13h30, sa décision de déposer le bilan.

"Nous ne nous y attendions pas aujourd'hui. Lors de la précédente réunion, le 21 décembre dernier, il était encore très combatif", témoigne ému Christian Marcuola, délégué CFDT. "Il nous a demandé de rester calmes et de continuer à produire normalement".

176 salariés entre Vénissieux et Lannion

Au-delà des 130 salariés de Vénissieux, Sillia VL (groupe Elvia PCB) emploie 46 personnes dans l'unité historique de Lannion, en Bretagne. Bruno Cassin a reconnu avoir échoué dans la recherche de financements bancaires selon les sources syndicales. Il avait un temps envisagé procéder à une opération de "lease-back" sur les machines mais le personnel y était opposé. Dans un récent tract, les représentants du personnel disaient ne plus "croire à un futur chez Sillia". En novembre 2016, le PDG de Sillia VL confirmait dans nos colonnes des tensions de trésorerie depuis mai 2015. Toutefois, il estimait être proche du volume nécessaire (14 000 modules par semaine entre les deux sites) pour atteindre le point d'équilibre.

Deux candidats potentiels

"Il y avait un risque que l'entreprise se retrouve en état de cessation des paiements début 2017", reconnait Simon-Pierre Eury, commissaire au redressement productif à la Dirrecte Auvergne-Rhône-Alpes interrogé par Acteurs de l'économie-La Tribune. "Sillia VL a réussi à intéresser un certain nombre d'investisseurs mais jamais suffisamment pour réussir le tour de table nécessaire. Et l'Etat a cherché à l'aider". Bruno Cassin évaluait à 13 millions d'euros ses besoins de financements. La loi lui impose de trouver des repreneurs pour le site.

"Il nous a précisé avoir deux candidats potentiels", indique Christian Marcuola.

PSE Bosch

"C'est un dossier compliqué qu'il faut sortir par le haut", certifie Simon-Pierre Eury. "Il faut trouver une solution pérenne pour maintenir les emplois et la production de modules photovoltaïques dans cette usine de Vénissieux sans réel équivalent en France*. Ne pas maintenir cette production serait un recul."

Dans les prochains jours Bruno Cassin devra procéder à la déclaration de cessation des paiements pour ouvrir une procédure judiciaire gelant les dettes. Il se rapprochera également du groupe Bosch pour déclencher un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) ouvert aux anciens salariés de l'équipementier automobile. La firme germanique s'est engagée lors du transfert d'activité à Sillia à faire bénéficier les "ex Bosch" des primes du groupe selon une clause spécifique valable jusqu'au 17 juin 2017. Elle avait aussi consenti à la PME bretonne une subvention de 9 millions d'euros consommée dès la première année.

Une reconversion

Le groupe Bosch a investi une trentaine de millions dans l'unité de Vénissieux inaugurée peu avant la décision de l'équipementier germanique de se retirer du solaire, décision entérinée fin 2012. Il s'agissait alors de reconvertir une usine jusque là dédiée à la production de pompes à injection pour les moteurs diesel.

* Elle dispose d'une capacité proche de 200 MgW

A relire >> Sillia VL illustre le pari économique de l'industrie photovoltaïque

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Commentaires
a écrit le 13/01/2017 à 16:58 :
Qu'est-ce que vous voudriez que les politiques fassent pour sauver Sillia ?
Je rappelle qu'il existe plusieurs subventions pour l'achat de panneaux solaires, et qu'en plus les principaux concurrents (les fabricants chinois) sont l'objet de taxes anti-dumping qui protègent donc les produits européens.

Peut-être que Sillia va devoir mettre la clé sous la porte et c'est triste pour eux et pour l'industrie française ; mais ce n'est pas la fin du monde. Dans ce secteur et dans ou les énergies renouvelables en général, beaucoup ont tendance à croire que la production du matériel est le seul métier qui existe. Or il y en a beaucoup d'autres : la distribution, l'installation des systèmes solaires, ou lorsqu'on parle de grands systèmes, la gestion/développement de ces projets de centrales solaires. Et il se trouve que ces métiers sont bien plus rémunérateurs que la fabrication des panneaux solaires, dans laquelle il y a relativement peu de valeur ajoutée.
a écrit le 11/01/2017 à 18:01 :
Eh Oui faites du culturel , vous aurez toutes les subventions que vous voudrez . Nous sommes à ROME et les industriels sont comme les gladiateurs , ils meurent sous les yeux des spectateurs qui veulent du pain et des jeux.
Le DRIAN il fait quoi ? les écologistes il font quoi ? et MACRON etc...
Tous des ANES et le petit personnel en prend plein la figure. J'aimerais voir les comptes de cette entreprise il doit y avoir des galopins qui n'ont pas perdu d'argent , parce que avec 9 millions les chinois vous font une usine de 2000 personnes et des produits technologiques
En France on est plus capable de rien sinon de créer des fonctionnaires et le revenu universel. Il est pas breton Hamon ? ouvrier de France il va vous distribuer des EUROS alors de quoi vous plaignez vous .Tous des Nazes et ça parle à la television!!!
a écrit le 11/01/2017 à 17:25 :
Il existe une étrange malédiction concernant les petites boites dans le photovoltaïque et peut-être le renouvelable de façon générale.

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