Cenntro Motors France  : période d'observation prolongée

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
La société Cenntro Motors France est plus que jamais placée sous surveillance par le tribunal de commerce de Lyon. L'actionnaire sino américain est tenu de libérer l'argent promis. Avec les partenaires sociaux les négociations bloquent sur le plan de sauvegarde de l'emploi.

« Nous avons conscience que le tribunal pourrait avoir les mêmes doutes que nous et prononcer la liquidation judiciaire », reconnaissait Philippe Goguillot, secrétaire (Sud) du CE de Cenntro Motors France quelques minutes avant l'audience de ce jeudi 25 juin. La juridiction consulaire lyonnaise a accepté de prolonger la période d'observation de la société - constituée pour reprendre le 18 juin 2014 les actifs de SITL (ex Fagor Brandt Lyon)-  jusqu'au 3 septembre prochain, comme le demandait Robert-Louis Meynet, administrateur judiciaire.

Des promesses non tenues

Et pourtant, en aparté, ce dernier déplorait :

« Une fois encore nous sommes  devant des promesses non tenues ».

L'actionnaire sino-américain (Peter Wang) de l'entreprise française, qui invoque des aléas dans le démarrage de son activité dans la construction d'un véhicule électrique, n'a toujours pas débloqué les 7,5 millions d'euros pour arriver aux 15 millions d'euros qu'il s'était engagé à verser il y a un an.

>>A lire également notre dossier : Cenntro Motors France qui y croit encore ?

Une situation ubuesque

Les juges et le procureur ont admis une libération progressive de cette somme :

« L'actionnaire apportera 1 million dans les jours qui viennent et 2 millions d'euros en juillet », a assuré Charles Croze, l'avocat de l'entreprise.

« Cette fois-ci, ils seront vraiment sous surveillance car il manque aussi 0,8 million sur la première tranche », rapportait Eric Butty, délégué syndical Sud en évoquant « une audience assez ubuesque », devant le personnel réuni à l'extérieur du Palais de Justice.

Le sujet le plus douloureux pour les semaines qui viennent concerne  évidemment la mise en œuvre du PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) présenté le 16 juin dernier et portant sur la suppression des 2/3 des effectifs soit 263 postes sur 395 salariés. « Le tribunal a souhaité que le processus de consultation et d'information avance avec des efforts de part et part », a indiqué Me Croze. L'administrateur souhaite achever la restructuration d'ici au 3 septembre

Des scooters électriques

Pour le prochain CE, convoqué ce vendredi 26 juin, la direction a promis une mouture plus détaillée du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). Les délégués du personnel réclament des mesures concrètes. Pas sûr que celles présentées au tribunal les satisfassent. « Ils veulent que le PSE soit uniquement payé par les AGS ce qui exclut donc des primes extra légales. Ils ont annoncé 300.000 euros pour créer une cellule de reclassement et 200.000 euros au titre des aides à la formation et à la mobilité », a précisé Eric Butty.

Pour ce qui est de la production « Le premier exemplaire de la version 1 du véhicule amélioré existe depuis le 10 juin. Nous avons 150 bons de commandes que nous avons transmis à l'administrateur judiciaire pour un client qui pourrait être un de nos gros distributeurs », a rappelé Didier Verriest, Pdg de Cenntro Motors France. « Et une ligne d'assemblage de scooters est parti de Chine en bateau ».

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