Forum Une époque formidable | Vive le Progrès !

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Cédric Villani lors de l'édition 2016 au Théâtre des Célestins
Cédric Villani lors de l'édition 2016 au Théâtre des Célestins
Cédric Villani lors de l'édition 2016 au Théâtre des Célestins Cédric Villani lors de l'édition 2016 au Théâtre des Célestins (Crédits : Laurent Cerino/ADE)
Comment la résumer… Stimulante ? Audacieuse ? Eclectique ? C’est en tous les cas ainsi que nous l’espérons et la préparons. Mais ce qu’Acteurs de l’économie – La Tribune ambitionne pour les spectateurs de la 2e édition du forum Une époque formidable invités à se rassembler le 14 novembre dans l’écrin du Théâtre des Célestins de Lyon va bien au-delà : leur proposer une matière intellectuelle, émotionnelle, experte plurielle, dans laquelle ils puiseront, sélectionneront et modèleront pour faire « progresser » leur propre conscience et surtout… leurs actes. Et cela dans des domaines a priori fortement divers, en réalité qui partagent un même axe cardinal : justement le « progrès. » Une journée pour explorer des voies nouvelles pour un nouvel engagement en faveur d’une humanité renouvelée.

Pour ouvrir cette journée de mises en perspective, tour à tour douces et enflammées, de trajectoires et de convictions, d'expertises et de combats, de croyances et de luttes, le physicien Etienne Klein. Au menu : l'absolue urgence mais aussi les possibilités de restaurer la majuscule au mot Progrès, écartée au fur et à mesure que le temps instantané, le mercantilisme, le déficit d'humanité, et surtout l'absence d'avenir ont empoisonné la dynamique de progrès. Puis les journalistes Pascale Clark et Eric Fottorino aborderont les ripostes à la désagrégation de l'information intelligente, ou plutôt de l'information qui rend intelligent. Une information réhabilitée dans sa mission : contribuer à émanciper, autonomiser, faire grandir l'individu pour, notamment, alimenter le double débat - intérieur et démocratique -, n'est-ce pas ambitionner le progrès ?

Emmanuel Macron, un progrès politique ?

L'année 2017 restera, en France, celle du "phénomène" Macron. Cet avènement, c'est-à-dire ce qu'aux plans politique, sociologique, sociétal, idéologique sa genèse au printemps 2016 puis son accomplissement un an plus tard et maintenant sa mise en œuvre révèlent, peut-il s'apparenter à un progrès politique ? Jean-Paul Delevoye (hier à la tête de la commission d'investiture LREM aux législatives et aux sénatoriales, aujourd'hui Haut-commissaire à la réforme des retraites), le politologue Pascal Perrineau, la philosophe Cynthia Fleury et le sociologue Jean Viard confronteront leurs analyses et leurs critiques, leurs réserves et leurs croyances.

Lire aussi : FORUM "Une époque formidable"

Appel au sursaut

Donner sens au progrès, en d'autres termes assujettir le progrès à la nécessité d'humanité, est-ce encore possible à l'heure où la maîtrise éthique, la maîtrise citoyenne, la maitrise spirituelle du progrès semblent s'échapper, aspirées par la puissance sans limite et même dictatoriale du progrès technologique ? L'Homme dépassé par lui-même, l'"intelligence humaine" des Hommes un jour incapable de réparer ce que l'"intelligence" technique et marchande aura détruit : cette perspective n'est plus illusion, et l'heure est au sursaut. Sur scène, exposant sur ce sujet des sensibilités et des convictions là encore contrastées et de "combattants", l'océanographe Gilles Bœuf, puis le paléoanthropologue Pascal Picq et le médecin et chef d'entreprise Laurent Alexandre.

Foi en la jeunesse

Enfin, parce que l'avenir du progrès est conditionné à l'avenir que la jeunesse "veut" pour elle-même, deux autres "moments forts" questionneront tout particulièrement le double sujet - si fondamental pour éclairer le progrès - de la transmission et de la mémoire, dans le terreau desquelles germe la manière, individuelle et collective, de penser et de bâtir demain. Son propre demain, mais aussi bien sûr le demain de chaque autre. D'une part le dialogue entre Alain Touraine et Jean Ziegler, deux "monstres" de la sociologie mondiale, 175 ans à eux deux, une connaissance unique de la jeunesse d'hier mais surtout une foi immarcescible en la jeunesse d'aujourd'hui. D'autre part le cheminement créateur, artistique, entrepreneurial, familial hors du commun du chef cuisinier Michel Troisgros, que l'arrivée à ses côtés de ses deux fils projette dans une nouvelle aventure parfaitement résumée par le titre du livre que les éditions de l'Aube lui consacrent cet automne : "La joie de créer."

Créer est une joie

Car en effet créer est bel et bien une joie. Et c'est peut-être, de manière sousjacente, ce qui fait "aussi" lien entre l'ensemble des face-à-face, master class, conversations, signatures d'auteurs orchestrés ce 14 novembre au Théâtre des Célestins. De tous les verbes qui incarnent l'origine et le dessein de cette journée, qui conditionnent la "façon" de concevoir et de ciseler le progrès, celle aussi de creuser de nouvelles voies fertilisées dans la nécessité de sens et, osons ces quêtes si chères à Edgar Morin : de fraternité et d'humanité, créer est l'un des plus déterminants. Et c'est à lui faire honneur que s'emploieront débatteurs et spectateurs, partenaires et organisateur. Au grand plaisir donc de vous accueillir ce prochain 14 novembre.

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