InnoWards 2017 : innovations tout azimut

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(Crédits : Laurent Cerino - ADE)
La deuxième édition du prix InnoWards, organisé le 16 octobre par Acteurs de l'économie – La Tribune en partenariat avec Harmonie Mutuelle, BDO et EDF, a mis en avant 5 démarches entrepreneuriales innovantes, issues d'un territoire Savoie-Mont Blanc particulièrement dynamique en la matière. Portées par des personnalités capables de sortir des chemins battus pour se tailler, en toute liberté, une trajectoire pouvant aller du sommet du Mont-Blanc à l'espace en passant par la micro-cellule, elles symbolisent toute l'audace d'innover pour de meilleurs lendemains. Une soirée placée sous le regard bienveillant de l'entrepreneur Marco Simeoni, président de la fondation suisse Race for water, et président d'honneur de cette cérémonie.

Faire face aux évolutions sociétales, répondre à de nouveaux besoins, aller plus vite dans la recherche, se dépasser, se libérer des contraintes pour avancer, se prémunir plutôt que de systématiquement se soigner, accompagner, rassurer, autant de leviers et de ressorts qui favorisent l'innovation. Après ses succès entrepreneuriaux, Marco Simeoni, passionné de voile, est, quant à lui, motivé par sa volonté, farouche, d'agir pour l'environnement et la préservation des océans.

L'innovation au service d'une cause

Après une première mission en 2015, qui a permis de faire un état des lieux des océans, sa fondation Race for water a lancé une seconde opération de 5 ans, Odyssée 2017-2021. Son objectif : sensibiliser à la cause environnementale.

"En 2017, les déchets plastiques représentent une surface équivalente à 24 fois la France. Chaque minute, la valeur d'un camion poubelle est déversée dans l'océan ce qui fait qu'un poisson sur 4 a du plastique dans l'estomac. Si on ne fait rien, d'ici 5 ans, le poids du plastique dans la mer sera équivalent à celui du poisson. Il est utopique de penser nettoyer les océans. Par contre, il faut tout faire pour éviter que le plastique atteigne les rivages et la mer", explique Marco Simeoni, fondateur de Race for water.

Mais pas de mission sans innovation technologique. Le 9 avril dernier, le plus grand catamaran solaire du monde (106 000m2 de panneaux solaires, 8 tonnes de batterie lithium capables de stocker 750 kWh d'électricité) s'est lancé, depuis Lorient, dans ce voyage autour du monde. Pour augmenter son autonomie de base (72 heures sans soleil), les ingénieurs ont développé un système de fabrication d'hydrogène à partir de l'eau salée. Une prouesse technique qui permet d'augmenter l'autonomie du bateau de 6 jours. Un système de Kyte performant, piloté par un ordinateur, permet de tracter le bateau en cas de besoin.

Marco Siméoni

Marco Simeoni et son catamaran solaire (photo : Laurent Cerino - ADE)

"Nous allons partout porter la bonne parole et militer pour une valorisation du déchet plastique. Nous avons également conclu un partenariat avec une société française innovante qui a développé une technologie de pyrolyse à haute température capable de produire de l'énergie en transformant les polymères en gaz synthétique", poursuit Marco Simeoni.

La protection de l'environnement ou la meilleure maîtrise des ressources est souvent à l'origine de l'innovation. À l'image de la start-up Atawey (Prix InnoJump suite au vote du public après un pitch de son cofondateur, Jean-Michel Amaré) qui a imaginé des stations de recharge d'hydrogène mobile et rapide. Ou à celle de son challenger, Morphosense, un système de capteurs à poser sur les ouvrages pour faire de la maintenance prédictive.

Autre cause à défendre : la diffusion de culture et en particulier la musique classique. C'est la mission de l'Orchestre des Pays de Savoie (Prix InnoCulture), dirigé par Nicolas Chalvin.

"Il a toutes les caractéristiques d'un entrepreneur. Il a su transformer ses contraintes en opportunités. Comme l'orchestre n'a pas de salle attitrée, c'est lui qui va à la rencontre du public. Dans les entreprises, les lieux publics et jusqu'au Mont-Blanc ! Enfin, en choisissant d'expliquer les morceaux qu'il s'apprête à jouer, il s'inscrit hors des codes du genre", salue André Montaud, directeur général de Thésame et membre du jury en remettant le prix au chef d'orchestre.

L'innovation au service des hommes

Avec l'envie d'impliquer le plus de collaborateurs possibles dans son projet, Olivier Nicollin, directeur général de Nicomatic (Prix InnoManagement) a adopté le système de l'entreprise responsabilisante (ou libérée) pour son outil industriel. La PME familiale de 250 salariés (25 millions d'euros de chiffres d'affaires) a ainsi progressivement expérimenté, depuis 3 ans, de nouveaux modèles d'organisation. Un process qui a séduit ses grands partenaires industriels. Résultats : on retrouve ses connecteurs pour milieux sévères jusque dans l'espace, sélectionnés pour entrer dans la composition des outils de la mission ExoMars.

nicomatic

Olivier Nicollin (photo : Laurent Cerino - ADE)

Même désir de se centrer autour de l'homme pour Bernard Fournier, président du Groupe Fournier (Prix InnoIndustrie). Le fabricant et distributeur de Thônes spécialiste de la cuisine (marque MobalpaPerenne et So Cook) a transformé son site de production en usine du futur, avec l'intégration de la haute technologie dans la production.

"Nous avons ainsi la volonté de continuer à produire des meubles uniques, personnalisables à l'extrême dans les délais prévus, de façon industrielle", assure Bernard Fournier, président du Groupe Fournier.

Erasmia Dupenloup, directrice du développement des entreprises du pôle de compétitivité Minalogic, complète cette idée :

"C'est une belle définition de l'entreprise du futur. Elle se veut agile, flexible, moins couteuse, centré autour de l'homme avec une intégration du numérique dans la chaine de production. Et dans le respect de son environnement".

À noter que même si elle n'a pas remporté le prix Innoward, Flore Lacrouts-Cazenave, la fondatrice de Toutiterre, a puisé son inspiration dans la recherche du bien-être au travail... agricole. En imaginant une machine qui intervient sur le travail de la terre, elle change l'approche et la position des ramasseurs/planteurs.

Coopérations à tous niveaux

L'innovation n'est donc pas la chasse gardée des start-up, ni celles des grands groupes. Elle se retrouve à tous les niveaux dès lors qu'un changement est nécessaire et trouve son efficacité dans la combinaison des savoir-faire.

Table Ronde innowards

Table ronde "Comment susciter l'innovation ?" (photo : Laurent Cerino - ADE)

"D'un côté, on a l'agilité et l'innovation locale avec les start-ups. De l'autre, une base de R&D nationale solide avec les grandes entreprises. C'est la somme des deux qui fait le succès de l'innovation", estime Jacques Longuet, délégué régional EDF Rhône-Alpes.

Même démarche chez Harmonie Mutuelle. Pour sourcer l'innovation, et en faire profiter ses adhérents, le mutualiste a multiplié les partenariats avec l'écosystème innovant régional : start-up, mais aussi pôle de compétitivité ou laboratoires de recherche.

"Nous avons le devoir de sensibiliser le grand public aux questions de santé dans leur ensemble. Pour le bien de l'homme. Nous avons choisi la voie de l'innovation et le droit à l'expérimentation", indique Abdel Belaroussi, directeur du développement Harmonie Mutuelle Sud-Est.

La santé, qui reste un secteur à la croisée des chemins, entre innovation sociétale et technologique ne saurait également se passer de coopération. Il faut souligner la recherche fondamentale et les découvertes de Ronald Bronsaer, président de Cellmade (Prix Innosanté) qui a développé un savoir-faire relativement innovant en matière de culture cellulaire en 3D et sur les biomarqueurs capables de prédire des états de santé. Pour développer cette innovation, il a créé un laboratoire de recherche commun avec l'Université Savoie Mont-Blanc.

Sensible à l'homme, attentif aux enjeux de demain et respectueuse d'un environnement à préserver : tel est le visage de l'innovation sur le territoire.

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Commentaires
a écrit le 11/11/2017 à 11:55 :
Inventeur en 2004, d'un revêtement anti salissure écologique et durable, primé au concours L’EPINE 2009, cette application a été exécuté sur les œuvres vives de Planet Solar.
La société « OCEOPROEC » qui c’était rendu propriétaire de mon brevet, qui a eu la charge d’appliquer mon revêtement n’a pas suivi à la lettre mes préconisations techniques, en m’évinçant du programme, exigeant de son équipe d’applicateurs, de passer outre l’application de mon interface spécifique le MD501.
Le revêtement appliqué sur Planet Solar a eu des problèmes de décollement et quelques salissures qui n’aurait pas eu lieu, avec mon interface pénétrant et hydrophobe.
Aujourd’hui, le revêtement a évolué économiquement, avec un volume identique, l’application couvre huit fois plus de surface, avec une finition peinture, antisalissure, autonettoyante, hydrophobe, pour une durée de vie de 10 à 15 ans, pour la première version et plus de 40 ans, pour la seconde.
Ces applications ont eu évolution suivante :
Être appliquées à partir du moule de construction,
Soit lors d’un nouveau carénage, à l’aide d’un pistolet traditionnel, d’un rouleau,
Applicable par le grand-public
D’un coût très compétitif à un Antifouling traditionnel.
L’écologie étant mon lia motif, je reste à votre disposition pour vous apporter toutes les réponses à vos interrogations.
Je souhaiterais avoir le détaille technique des problèmes rencontrés avec le revêtement OCEOPROTEC.
En vous remerciant par avance.

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