Bien vieillir : une question de territoire

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De gauche à droite Renaud George, Pierre-Marie Chapon, Annie de Vivie et Luc Broussy.©Laurent Cerino/Acteurs de l'économie
De gauche à droite Renaud George, Pierre-Marie Chapon, Annie de Vivie et Luc Broussy.©Laurent Cerino/Acteurs de l'économie (Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'économie)
Quel habitat, quelle ville, quel environnement pour s’adapter au vieillissement de la population ? Cette question centrale était débattue jeudi 15 mai au cours d’un débat proposé par l’OPAC du Rhône et Acteurs de l’économie et auquel participaient 300 spectateurs.

D'abord les chiffres : l'espérance de vie en France est de 84,8 ans pour les femmes et de 78,4 ans pour les hommes, il faudra compter 8 ans de plus en 2050 ; dans le Rhône 320 000 habitants avaient plus de 60 ans en 2005, ils sont 400 000 aujourd'hui et représenteront le tiers de la population en 2020.

 Rester dans la vie

Que les seniors vieillissent bien et là où ils ont vécu (ce qu'ils souhaitent le plus souvent), implique de se pencher sur des cercles concentriques : l'habitat, le quartier, la ville, le territoire. « A quoi bon proposer des logements adaptés si ceux-ci se trouvent loin des transports, des commerces, dans une rue en pente ? », lance Vincent Roberti, DG des services du Département du Rhône.

L'adaptation des logements constitue une première pierre et le Conseil Général s'y est attelé par sa remarquée Charte « Rhône + Vivre chez soi » mais il faut pousser le curseur. « Les seniors sont une richesse formidable et pour ne pas tomber dans la dépendance, ils doivent rester dans la vie. C'est une question de territoire, une question transversale ». Renaud George, consultant à Algoe, maire élu tout frais de St Germain au Mont d'Or, décrit cette transversalité : « logement, urbanisme, mobilité, offre de loisirs, je dois mettre autour d'une même table toutes les personnes en charge de ces différentes problématiques ». Et de fait exit l'élu aux personnes âgées.

Prise de conscience mondiale

La prise de conscience est mondiale comme le traduit bien la création en 2005 par l'OMS du réseau des « Villes amies des aînés ». Il totalise des centaines de cités (400 pour le seul Québec, Lyon l'a rejoint en 2010). Son référent pour la France, Pierre-Marie Chapon évoque New-York où les feux de circulation ont été revus, des ilots centraux installés au mitan des larges avenues, des sièges déployés dans les commerces : « intervenir dans le champs de la vie des gens, leur permettre de sortir ».

A Rennes, des zones favorables au vieillissement sont identifiées, quand des nouveaux logements s'y construisent, la Ville impose 20% de logements adaptés. Cette adaptation concerne la cuisine, la salle de bains, les accès, l'OPAC du Rhône a ainsi adapté 15% de son parc. On peut aussi favoriser la mixité des générations comme à Chaponost où la Résidence « les Veloutiers » propose 62 logements sociaux dont 20 pour les seniors, avec services adéquats. « Cette résidence de l'OPAC apparaît comme une étape intermédiaire pour la personne âgée entre son logement devenu trop lourd, et son entrée dans une EPHAD. »

Debout dans sa tête, dans sa cité

« Favoriser l'intergénérationnel, c'est essentiel », s'exclame Annie de Vivie, fondatrice du site Agevillage qui depuis 14 ans ausculte les pratiques et met en avant des expériences positives du « bien vieillir ». « Ce qui nous motive c'est vieillir debout ; debout dans son corps mais aussi debout dans sa tête, dans sa cité ».

Les voisins, les familles proches - désignés souvent comme « les aidants » - ont un rôle pivot dans cette histoire, elle cite ainsi le programme Voisin-Age mis en place par les petits frères des Pauvres. Mi juin sera présentée au Conseil des Ministres le projet de loi sur « l'adaptation de la société au vieillissement de la population ». Laissant de côté la dépendance, problème aigu qui finalement ne concernerait que 8% de cette population vieillissante, elle se veut globale et transversale.

« Cette loi a une forte portée symbolique, elle provoque un débat et surtout change notre regard sur le vieillissement de la population », insiste Luc Broussy, auteur du rapport interministériel, pivot de la future loi.

 

 

 

 

 

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Commentaires
a écrit le 16/05/2014 à 18:08 :
c'est tres bien tout cela mais il faut bien manger bien se loger avoir des activitees ect ect
mais les impots auguementent
edf le gaz
les mutuelles
les inscriptions a des activitees ou spectacles ect ect
c'est bien de viellir en se serrant bien la ceinture

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