Quand un fonds pour le fret ferroviaire renfloue le tunnel routier du Fréjus

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(Crédits : DR)
Depuis 2012, un fonds géré par l'Etat normalement destiné à soutenir le développement du fret ferroviaire sert en réalité à combler le déficit du tunnel routier de Fréjus, révèle Médiacités.

C'est une situation qui peut apparaître pour le moins alambiquée. Le "Fonds pour le
développement d'une politique intermodale des transports dans le massif alpin" (FDPITMA), créé afin de favoriser le transport multimodal et notamment le développement du fret ferroviaire est utilisé, en réalité, pour combler le déficit d'une infrastructure routière, qui voit transiter chaque année plusieurs millions de camions.

Depuis 2012, ce fonds géré par l'Etat et fondé à la suite du drame du tunnel du Mont-Blanc, "sert - en toute discrétion - à renflouer les caisses du tunnel routier du Fréjus", alerte Médiacités, qui révèle ce jeu de "vase communicant".

80 millions d'euros

L'A43, chroniquement déficitaire, appelle l'État au secours en 2012 pour assurer une recapitalisation. L'État trouve pour cela une astuce, comme le détaille le site local d'investigation. "Actionnaire majoritaire à 67 % de la société qui gère le tunnel du Mont-Blanc (bénéficiaire) et, à 99,9% de la société qui gère le tunnel du Fréjus (déficitaire), [L'État] cède ses participations au FDPITMA et instaure une convention stipulant que chaque année les excédents dégagés par le Mont-Blanc sont versés à la société du tunnel du Fréjus pour combler son trou financier".

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20 millions d'euros sont chaque année transvasés d'une société à l'autre. L'enquête estime à 80 millions d'euros la somme concernée depuis la signature de la convention. Pour Mediacités, cette situation est révélatrice "des petits arrangements financiers au détriment de la santé publique et de l'environnement", et "emblématique même de l'absence de volonté politique de développer le fret ferroviaire et de lutter contre la pollution de l'air dans les vallées alpines". Cette enquête, qui mêle témoignages d'élus locaux, de lanceur d'alerte et de personnes de la société civile, est à découvrir en intégralité ici.

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