Entreprendre : attention au miroir aux alouettes !

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(Crédits : FRANCK FOUCHA)
Alors que s'ouvre ce mardi, à Lyon, le Salon des entrepreneurs, son directeur Xavier Kergall rappelle qu'entreprendre ne doit pas se résumer aux quelques réussites ni à la course aux levées de fonds. Un miroir aux alouettes qui ne reflète pas la réalité. "Entreprendre, c'est avant tout un investissement humain, une vie."

Un entrepreneur rêve. Un entrepreneur sait anticiper. Un entrepreneur anime, écoute, décide. Il doit être aussi en mesure de se préserver et de préserver les autres. Un entrepreneur, enfin, doit savoir encaisser. Ces caractéristiques relèvent de la panoplie de l'entrepreneur et plus généralement, de l'entrepreneuriat.

À cela s'ajoute l'obligation de concevoir ce que représente l'Entreprise et tout ce qu'elle induit. Privilégier le chiffre d'affaires plutôt que la levée de fonds. Privilégier la pérennité plutôt que les coups. Privilégier la création de richesse et de valeurs plutôt que la communication tous azimuts. Des notions fondamentales que d'aucuns oublient trop souvent malheureusement lorsqu'ils font le choix d'entreprendre. Entreprendre ne doit pas se résumer à une course à l'échalote dont la trajectoire pourrait se révéler dangereuse si elle n'est pas singulière.

Entreprendre, c'est avant tout une vie, un investissement humain, une course de fond, un travail de labeur et de longue haleine. Ce côté obsessionnel qui plonge l'entrepreneur dans l'action permanente et le conduit à être en totale symbiose avec son entreprise, conditionnant alors à sa réussite. Sans cela, il devient plus difficile de porter la casquette de leader, donc d'entrepreneur.

Garde-fous

Parler d'entrepreneuriat comme il est courant de le faire depuis quelques années est une bonne chose, puisque cela incite les plus jeunes à franchir le pas, et participe aussi à l'engouement autour des valeurs de l'entreprise. Nous ne pouvons que nous en féliciter. Comme au cinéma, l'entrepreneur du 21e siècle porte une part de rêve avec ses stars, ses icônes, ses réussites. Entreprendre n'est plus considéré comme un verbe clivant, malsain et mal vu. Au contraire, il est devenu un gage de qualité, d'ouverture et d'engagement.

Néanmoins, pour que des initiatives fleurissent et prennent forme de la meilleure façon qu'il soit, des garde-fous nécessitent d'être déployés pour que le rêve ne se transforme pas en miroir aux alouettes.

A qui la faute ?

Entreprendre ne doit en aucun cas se résumer seulement à du paraître et du bling-bling, trop souvent encore employés.

Entreprendre, c'est avant tout innover, créer et inventer, révolutionner son monde en cassant les codes et les idées reçues. Entreprendre, c'est réussir d'abord à capter des clients, à vendre un service, un savoir.

Des dimensions dont il est inconcevable de vouloir s'affranchir puisqu'elles participent indéniablement à la réussite de l'entrepreneur et donc à celle de la grande famille de l'entrepreneuriat. Soyons alors extrêmement vigilants et ne donnons pas l'impression que créer son entreprise est aussi simple que ce que peuvent renvoyer les médias, les écoles, les fonds d'investissement, les organisateurs de salons, et les entrepreneurs eux-mêmes.

L'image véhiculée sur les startups ou encore la manière d'employer certains vocables comme celui de "serial entrepreneur" dévoient l'essence même de ce qu'est et doit être un entrepreneur. Individuellement, personne n'est coupable de cette situation, mais tout le monde à sa part de responsabilité. Seuls des actes et un discours justes et sincères permettront de défaire l'image parfois trop idéalisée de l'entrepreneuriat et apporteront ainsi des réponses pragmatiques à ce qu'est réellement la notion d'entreprendre.

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Commentaires
a écrit le 14/06/2017 à 12:38 :
Possédant un paquet d'années d'expérience, je confirme !
Les miroirs aux alouettes sont nombreux et médiatisés.
Reste que si, parfois, on peut "naître" entrepreneur, ou si plus souvent on peut le devenir, c'est l'affaire d'une minorité même significative.
Dans tous les cas, les "vrais" entrepreneurs ne sont jamais "ceinture et bretelles" !
a écrit le 14/06/2017 à 9:42 :
Plutôt que de pousser une génération à consacrer sa vie à produire et à se sacrifier pour l'entreprise, ne faudrait-il pas l'encourager à retrouver du sens dans son travail, notamment en l'engageant dans un processus d'écologie et de décroissance indispensables à son avenir ?
La plupart des jeunes se dirigent vers l'entreprenariat soit pour échapper au chômage, soit pour retrouver un sens qui a disparu de l'entreprise où l'on produit pour produire, ou l'on vend pour vendre, sans aucune intelligence ni vision de long terme. La planète et l'homme vont droit dans le mur. Il serait peut-être temps de changer de direction plutôt que d'appuyer encore sur l'accélérateur.

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