Présidentielle 2017 : Candidats, que proposez-vous contre les ruptures sociales ?

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
Bernard Devert, fondateur d'Habitat et humanisme interpelle les candidats à l'élection présidentielle, les exhortant à se saisir réellement de la question du logement.

Mesdames, Messieurs, les candidats à la Présidence de la République,

Le risque de l'absentéisme ne serait-il pas pour partie imputable au décalage entre vos programmes et l'attente de propositions concrètes répondant aux difficultés des plus fragiles

Il ne vous est certes pas demandé un catalogue de mesures, mais une vision de la res publica tissant l'unité et l'indivisibilité de la République dont l'une des déchirures est celle de l'habitat, marqueur des pauvretés et précarités.

La part du logement dans le budget familial n'a cessé de croître ; elle représente près de 50 % pour ceux disposant de revenus si faibles qu'ils se voient refuser l'attribution d'un logement social. Un comble ! La dignité que l'on doit à chacun - et particulièrement aux plus pauvres - oblige à renverser les pratiques.

Aussi, conviendrait-il de retenir comme premier critère d'accès au logement social le reste pour vivre en ajustant le montant du loyer au disponible pour habiter. La rue a tué plus de 5 000 personnes en dix ans ; elle demeure le lieu d'une assignation pour des milliers d'autres au soir de leur vie ; plus de 600 000 enfants sont par deux fois punis par la misère : un présent si déshumanisé qu'il condamne leur avenir. Que d'iniquités !

La république, indivisible, est fracturée par de graves inégalités et discriminations dans les quartiers dits sensibles ou encore de non droit. Bâtir en s'inquiétant de la fragilité, c'est rechercher une urbanité créatrice de liens, ou encore une hospitalité, trace de l'estime de l'autre dans le respect de nos valeurs républicaines. Une ouverture se dessine - soyons juste - avec la loi Egalité et Citoyenneté mais, plus qu'un texte, s'impose l'ambition d'une urgente réconciliation de la Nation avec ses cités.

Accepter qu'un jeune sur deux, en âge de travailler, soit en chômage, ou maintenir ces machines à loger qui stigmatisent et développent les ruptures sociales jusqu'à faire surgir ce cri : "j'ai la haine", c'est consentir à une indifférence, brûlot de la cohésion sociale. La vigilance à la fragilité est un appel à la responsabilité pour faire naître de nouveaux modèles se substituant à ceux qui ne fonctionnent plus, sauf au prix de l'injustice, laissant dans des abîmes les accidentés de la vie.

Oui, quelle attention leur porterez-vous ?

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Commentaires
a écrit le 13/04/2017 à 13:14 :
il n'y a pas assez de postes d'éducateurs spécialisés, ni dans les classes ni dans les structures sociales pour accompagner les exclus et leur famille
a écrit le 11/04/2017 à 13:27 :
Merci beaucoup pour cette tribune, pour cette piqure de rappel indispensable mais bon le tiercé de l'oligarchie macron fillon le pen n'en a rien à faire ils gouverneront comme les autres pour leurs réseau en déplaisant le moins possible à l'oligarchie dans son ensemble.
a écrit le 11/04/2017 à 9:47 :
les ruptures sociales : pas d'éducateurs spécialisés dans les classes et les écoles à marseille : les jeunes démissionnent de leurs études (à 3 mois du cap bep ou bac pro), l'inadaptation sociale jette dans la rue les jeunes, les anciens .... les familles , le personnel ... (absences chroniques du personnel social non remplacées: blessures maladies dépression décès changement de voie, pas de stagiaires donc encadrés par les absents )

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