Agriculteurs : osez travailler différemment !

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(Crédits : DR)
L'agriculture n'a pas à rougir des dernières innovations de l'industrie ou de l'aéronautique. Forte de filières solides et de R&D des plus dynamiques, les innovations qui se présentent aux agriculteurs allient productivité et environnement. Installé depuis novembre 2013 près de Moulins dans l'Allier, Pierre-Jean Chédru s'est ainsi rapidement engagé dans une démarche de modernisation de son exploitation afin de mieux produire à la fois dans le respect de la terre et pour une meilleure qualité de vie. Il témoigne.

Avec deux agriculteurs voisins, mon père et un ami, nous avons décidé d'investir dans les nouvelles technologies. Attention, ces technologies de pointe n'ont rien du gadget ! L'autoguidage GPS permet, par exemple, à l'opérateur de se concentrer sur le réglage de son outil avec une précision de 2 cm pendant que le tracteur maintient son cap en totale autonomie. Ou encore la gestion de la pulvérisation par GPS.

Cette dernière permet de contrôler l'apport d'engrais à vos cultures. Ainsi, plus de surdosage, vous travaillez le potentiel de vos terres tout en réalisant des économies !

Nous avons aussi récemment investi dans des stations météo connectées. Ainsi, nous pouvons consulter le temps en instantanée sur nos smartphones. C'est un plus dans la prise de décision et le déclenchement des interventions avec des produits phytosanitaires.

Mais l'innovation ne s'arrête pas simplement à la technologie, elle se retrouve également dans la façon de produire.

Connaître le sol

J'ai ainsi mis en place au fil des ans, une façon de produire qui tranche avec les standards de l'agriculture. Ceci n'est pas une invention puisque cette technique existe déjà depuis plus de 15 ans en France. Il s'agit de l'agroécologie. Rien à voir avec le "militantisme écolo-bobo" à la mode, je parle ici d'agronomie, de microbiologie du sol ou encore d'agriculture de conservation des sols mais surtout d'un mode de production qui fait vivre des agriculteurs tout en respectant la terre.

Le grand principe de cette technique est de rendre au sol ce qui lui appartient ! Notamment en termes de structure, de nutrition, de faune et de flore. Le sol est un équilibre qui se construit et sur lequel nous devons produire. C'est notre base de travail. C'est ici que tout commence.

Retour aux sources

Actuellement, je souhaite aller encore plus loin dans ma manière de produire en mettant en place la technique dite de semis direct sous couvert végétal. Plus de labour, plus de travail du sol, que de la racine pour plus de racines, plus de nutriment, pour obtenir un sol plus équilibré. Un retour aux sources sous forme d'innovation dont les grandes lignes tiennent en trois grands principes :

  • Je sème un couvert végétal de plusieurs plantes sélectionnées pour leur qualité (captage de l'azote de l'air, pouvoir de limitation des mauvaises herbes, fort enracinement pour une meilleure structure du sol...)
  • Je détruis ce couvert, au mieux mécaniquement, pour y implanter directement sans retourner la terre ma culture de vente, par exemple le blé.
  • La décomposition du couvert va alors me restituer les éléments nutritifs captés lors de sa croissance pour permettre une bonne croissance de ma culture de vente. On parle ici de refertiliser le sol.

Outre l'aspect productif, cette technique permet d'éviter l'érosion et à terme, de diviser par trois les interventions phytosanitaires. Cette technique est un plus pour la terre, sa vie et finalement... ma qualité de vie.

Répondre présent

Entre nouvelles technologies et nouveaux modes de production, l'agriculture est plus que jamais en pleine évolution. A nous, agriculteurs de tous les âges, de permettre cette transition et d'en être les acteurs. Aujourd'hui les défis sont au rendez-vous : santé publique, nutrition, augmentation de la population, marchés mondiaux, etc. A nous de répondre présents et de les relever un par un.

Les technologies sont dorénavant au service de l'agriculture et contribuent à sa transformation.  L'agriculture : un secteur innovant qui se conjugue désormais au futur !

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Commentaires
a écrit le 03/03/2017 à 19:29 :
Un ami paysan m'a dit que dans l'agriculture française il y a 9 personnes dans les bureaux pour 1 (une) personne qui trime sur le terrain (dans son champs ou derrière son bétail).
L'empilement des technostructures et tout le personnel qui les anime créent la complexité tout en entretenant une culture de la subvention.
Une fois que les gens dans les bureaux sont payés, il est logique qu'il ne reste plus grand chose pour rémunérer le paysan dans son exploitation.
Ce qui est dramatique c'est que ce "pauvre" paysan soit plus que jamais viscéralement attaché à un système de représentation qui est la principale cause de sa ruine.
Le paysan serait-il une forme moderne de l' "idiot utile" ?
a écrit le 02/03/2017 à 17:50 :
Beau discours qui ne tient pas compte complètement de l'écologie. Balancer des produits phytosanitaires c'est se moquer de la santé humaine.
J'ai une amie en Loire Atlantique qui fait 25 passages sur ses pommiers (en tenue de cosmonaute, on se demande bien pourquoi !!!). Elle a pris la suite de son mari décédé jeune d'un cancer (mais bien-sur elle ne veut pas admettre la cause) et elle continue aussib d'empoisonner les clients.
a écrit le 02/03/2017 à 16:27 :
"nous avons décidé d'investir dans les nouvelles technologies".

Avec l'argent de la commission europeenne comme pour les tracteurs Ferguson ?
a écrit le 02/03/2017 à 10:34 :
C'est clairement l'évolution vers laquelle doit tendre l'agriculture industrielle moderne établie sur une surface suffisante pour permettre à l'entrepreneur d'en vivre correctement et utilisant les moyens des technologies et de la chimie moderne. Tous ceux qui pensent à une paysannerie repliée sur son exploitation et qui ne peut s'en sortir qu'en faisant surpayer ses productions sans valeur ajoutée significative sont de nostalgiques rêveurs...
a écrit le 02/03/2017 à 10:30 :
"Ou encore la gestion de la pulvérisation par GPS"

Vous restez un esclave de l'agro-industrie, quand on voit le mal qu'elle a fait aux agriculteurs et aux consommateurs je ne vous trouve vraiment pas rancunier hein.

Les agriculteurs sont surendettés à cause de l'agro-industrie et vous voulez qu'ils s'endettent encore plus ?

Cet article est il sérieux ?
a écrit le 02/03/2017 à 10:26 :
Très bien mais je doute que cet agriculteur soit en bon termes avec les institutions de la profession : chambre d'agriculture, coopératives, syndicats ,crédit agricole etc... qui imposent leur politique, leur pouvoir en enfumant leurs adhérents ou clients !!!
Il serait intéressant de connaître son point de vue sur ce sujet ?

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