En ces périodes de primaire (s) , le conflit est-il primaire ?

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(Crédits : DR)
La philosophe Laura Lange éclaire les grands événements de l'actualité sous le prisme philosophique. Elle convoque dans ce billet plusieurs grands penseurs pour expliquer les ressorts du terme conflit, qui se glisse dans les Primaires politiques organisées par les différents partis, en amont de la Présidentielle 2017.

Le conflit ce n'est pas un désaccord qui en soi dort et ne cherche pas à prouver que l'autre à tort. C'est un désaccord qui sort de son lit, déborde, se confronte dans la rencontre, ne tient pas compte, va à l'encontre. Athlétique. Souvent musclé. Les coups peuvent être bas, le ton haut et les gestes indigestes.

Pour Hobbes, ce type de conflits entre types est primaire car c'est par nature l'état de guerre d'où l'intérêt de l'état pour sa sécurité. Mais à la tête même de l'état, on n'est pas épargné. Diversité d'opinions. Houleuse cohabitation. Aussi pour la sécurité des partis, on établit des règles comme les primaires. Fascinant !

Voici un état de conflit de tous contre chacun provoqué par le parti lui-même. Chacun prend le large de ses idées pour faire chavirer l'autre à tort et lui montrer qu'il a raison. Le débat génère donc un conflit, armé de raison espérons !

Et le conflit, c'est quoi ? C'est le pouvoir de dire 'Non !'. Non, à l'autre qui nous réfléchit, nous renvoie quelque chose et nous provoque à réfléchir.

Opportunité

Et réfléchir, c'est quoi ? C'est se dire non à soi. C'est entrer en conflit avec ce que l'on croit évident nous dit Alain. Aussi, pour dire non à l'autre et réfléchir pour lui (lui renvoyer un truc à mon tour), mieux vaut donc se dire non à soi, réfléchir à ce qu'on va lui dire.

Car entrer en conflit c'est lutter pour se faire reconnaître nous dit Hegel, c'est prendre un risque, celui pour les candidats de renforcer leur légitimité en risquant de la perdre, en risquant une syncope politique à la Copé.

Entrer en conflit c'est aussi pour Hegel non pas s'acharner coûte que coûte et jusqu'au bout mais se donner l'opportunité de renoncer pour garder la vie, la face. Le conflit nous pousse à reconnaître que l'on dépend du monde extérieur (des votes ici) et que ce n'est pas en imposant sa loi de maître mais en renonçant, en retardant son désir, en travaillant patiemment que l'on sort maître du conflit. C'est en ce sens que les primaires sont conflictuelles, elles mettent sur le tapis les discordances (qui étaient dessous).

Se diviser pour mieux régner, pas pour détruire mais pour co-construire : Allez c'est à vous, après le combat-débat « élisez le candidat que vous voulez y loger » (à l'Elysée) et on se rassemblera, avec raison garder, l'opposant devenant allié, le négatif productif et positif pour le collectif.

Ainsi est mon éthique de conduite : Si le conflit est primaire, le conflit est primordial.

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