Afrique : des opportunités pour la technologie IT française

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(Crédits : DR)
Le marché africain francophone a la chance de bénéficier d'une stabilité certaine, et ce depuis plus d'une dizaine d'années. Trois facteurs clé sont maintenant réunis pour que s'accélère encore le développement du marché de l'IT sur ces pays. Par Pierre Schaller, directeur général délégué de Cloud Temple.

Le continent africain est une des zones de la planète où un écosystème d'innovation est progressivement en train de se créer. Nombreux sont en effet ceux qui pensent que les technologies vont permettre à l'Afrique d'apporter des solutions aux challenges principaux de ce continent (santé, accès à l'eau, accès à l'énergie, etc). Il est intéressant de l'analyser de plus près, notamment dans le domaine de l'IT, où les entreprises françaises peuvent y voir des belles opportunités.

L'innovation frugale au cœur du développement africain

Pour les pays d'Afrique, le principe est "d'innover mieux avec moins", c'est-à-dire de miser sur une innovation frugale. Une démarche qui répond à un besoin tout en utilisant le moins de moyens possible. Cette innovation tient compte des contraintes locales, des ressources en énergie existantes et des moyens disponibles.

Par exemple, allier matériaux traditionnels (terre crue, paille) et conception architecturale innovante permet de réaliser des maisons économiques et très efficaces en termes de régulation thermique. Ceci vaut également pour les innovations digitales, avec l'exemple bien connu de l'utilisation du téléphone mobile comme terminal de paiement (en 2017, 97% des africains auront un téléphone mobile).

Trois facteurs clé du développement de l'IT en Afrique francophone

Le marché africain francophone a la chance de bénéficier d'une stabilité certaine, et ce depuis plus d'une dizaine d'années. Trois facteurs clé sont maintenant réunis pour que s'accélère encore le développement du marché de l'IT sur ces pays.

Tout d'abord, la démographie propre à ce continent fait que de nombreux jeunes, nés avec l'Internet, ont la volonté et l'envie de mener à bien un projet, notamment dans le domaine du digital.

Ensuite, vient l'aspect compétences. A l'heure actuelle, de nombreux pays ont compris l'enjeu de l'éducation et développent des environnements éducationnels de bon niveau. La Tunisie en est un bon exemple avec 5 000 ingénieurs informaticiens formés chaque année.

Enfin, il y a les infrastructures. Les activités digitales supposent des infrastructures de qualité : réseaux haut débit fixes et mobiles, datacenters, services cloud. Ces pays ont su mobiliser les bons acteurs et disposent maintenant d'infrastructures de qualité équivalente à ce que l'on trouve en Europe, même si concentrées sur les grandes zones d'activité. Ainsi, les entreprises désirant s'installer, par exemple, dans la zone franche technologique de Grand-Bassam à Abidjan peuvent bénéficier de services similaires à ceux disponibles en Europe.

Preuve que les conditions sont réunies, des secteurs d'activité très variés, comme le BTP, l'industrie, la banque ou micro-crédit utilisent maintenant des infrastructures Cloud pour développer leurs activités digitales.

Le foisonnement des projets est un des symptômes de développement, mais encore faut-il accompagner et coacher les aspirants entrepreneurs. A l'instar du Kenya ou du Nigeria, la Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Maroc ou la Tunisie voient se multiplier les initiatives d'incubateurs. Le moment est venu d'investir dans ces pays pour profiter, d'ici quelques années, du développement de ces startups.

S'implanter grâce au transfert de compétences

Avant  de s'implanter sur un autre continent, il est important de prendre quelques précautions et avoir conscience de plusieurs facteurs : la différence de pays, de mentalité, de conditions du travail, etc. Une mise en garde nécessaire pour toutes les entreprises françaises souhaitant s'exporter.

Les principales conditions pour bien s'implanter sont les suivantes : s'associer à un acteur local et créer une relation de confiance ; établir une relation proximité entre les collaborateurs français et ceux des partenaires, en passant notamment par le transfert de compétences. Il est donc important de « miser sur l'humain » et « tisser un lien » avec son partenaire local.

Etre présent sur place, même si ce n'est pas en nom propre, et s'associer à des acteurs locaux, est une approche pertinente et gage de succès pour les années à venir.

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