Compte pénibilité : un "conte" si pénible

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Sylvain Fornes, président de la Capeb Rhône.
Sylvain Fornes, président de la Capeb Rhône. (Crédits : Capeb Rhône)
Les six nouveaux critères du compte pénibilité sont entrés en vigueur le 1er juillet. Cependant, ils sont loin de faire l'unanimité. Le président du Medef, Pierre Gattaz, a annoncé que les entreprises adhérentes du syndicat patronal ne les appliqueront pas. Un avis que partage le président de la Capeb Rhône, Sylvain Fornes. Pour l'artisan peintre-plâtrier, "il est pénible d'avoir à appliquer des mécanismes sans les outils, sans référentiel, sans mode d'emploi".

Le compte personnel de prévention de la pénibilité, quel joli nom ... pour un conte ! Il était une fois... Non malheureusement il ne s'agit pas d'un conte, mais bien de faire les comptes, encore une fois. Et quels comptes !

Il s'agit bien de deux vitesses ou de deux lois qui ne seront pas appliquées au même moment, l'une pour les entreprises et, plus tard (mais quand ?) pour la fonction publique.

En effet, un récent double rapport de l'inspection générale des affaires sociales et de l'inspection générale de l'administration "reconnaît des difficultés de mise en œuvre au sein de la fonction publique, pour conclure à la non-application du dispositif dans ce secteur."

Le secteur public exonéré

Confrontés à des difficultés strictement similaires, les artisans et entreprises du bâtiment ne comprendraient pas qu'il y ait ainsi "deux poids, deux mesures" s'agissant de la mise en œuvre du compte, exonérant le secteur public,mais obligeant le secteur privé.

Comme écrit le 15 juin au ministre du Travail, les artisans et PME du bâtiment ne comprennent pas que la fonction publique puisse être dispensée de ce compte. Ce point est absolument scandaleux et outrancier envers le secteur privé et les artisans et PME du bâtiment.

"L'inspection générale de l'artisanat" conclut aussi à la non-application du dispositif dans ce secteur. Je me trompe, cette inspection n'existe pas !

Mais heureusement il y a l'UPA et la Capeb pour faire ce travail et permettre à nos dirigeants, législateurs et autres hauts fonctionnaires de l'ENA - Ecole Nationales de l'Apprentissage (de la politique) - d'avoir des retours du terrain.

Le menu sans les couverts

Ensuite, de quels autres comptes parle-t-on? À ce jour il est bien difficile de réaliser un tel document qui ferait le compte de la pénibilité au travail d'un salarié pour les 6 critères restants et qui sont entrés en vigueur le 1er juillet.

  • manutentions manuelles,
  • postures pénibles,
  • vibrations mécaniques,
  • agents chimiques dangereux y inclus poussières et fumées,
  • températures extrêmes,
  • bruit.

Pour résumer, les TPE et PME du bâtiment connaissent le menu mais n'ont pas les couverts : aucun référentiel ne permet de dire ce qui est pénible et à quelle hauteur.

Opposer les uns aux autres

Ce qui est pénible ? Voyons. Peut-être ces différentes politiques qui proposent de mettre en œuvre des systèmes complexes, chronophages, coûteux, absorbeurs d'énergie, ralentisseurs de croissance.

Il est pénible d'avoir à appliquer des mécanismes sans les outils, sans référentiel, sans mode d'emploi ; il est pénible d'avoir à gérer au quotidien une entreprise en ces périodes de crise avec des salariés qui n'ont pas demandé l'application de ce système.

Les artisans et PME du bâtiment savent très bien la valeur des salariés, sans qui les entreprises ne fonctionnent pas, mais ce compte de prévention de la pénibilité est encore un moyen d'opposer les uns aux autres.

Il a été réfléchi (paraît-il) dans l'ignorance totale de la réalité des tâches à effectuer.

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