Quelle place pour la smart city ?

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(Crédits : DR)
Avec le "tsunami technologique" à l'origine de "transformations majeures de la société", cette dernière doit s'adapter. Ainsi, un des enjeux de la smart city est "de favoriser des productions locales proposant qualité environnementale et sociale, de faire mieux avec moins", explique Marie-Françoise Guyonnaud, présidente de Smart Use et responsable pédagogique à l'Institut Léonard de Vinci.

Si les constructions mathématiques des économistes à la base des politiques apparaissent remplies d'incertitudes et rarement vérifiées, la loi de Moore est depuis 50 ans un principe directeur pour l'innovation dans l'électronique moderne en visant, pour un prix donné, un doublement de puissance tous les 18 mois.

Il en résulte un tsunami technologique à l'origine de transformations majeures de la société. On parle d'une troisième révolution industrielle, avec une apparition de nouveaux biens. Il s'agit d'une révolution économique et sociale car les contraintes de rareté à la base de la pensée économique traditionnelle tels que les coûts marginaux de production et de distribution disparaissent.

Si l'internet de l'énergie est une brique essentielle pour notre résilience énergétique dans un contexte connu de finitude des ressources fossiles, elle s'inscrit sur des temps longs, dépendante de nos politiques, induisant des changements de chaîne de valeur mobilisant des grands acteurs privés et des capacités de nos territoires à s'organiser.

La smart city, un catalyseur

Dans cette « révolution », la création de valeur est autant liée à l'association des personnes et processus qu'aux technologies mises en œuvre. Les usages et ce que nous ferons de ces opportunités reste à construire. Et ces opportunités ne font que croître. Nous découvrons l'Internet de l'Everything comprenant objets, données, processus et personnes qui conduit à la collecte et au partage massif d'informations.

La smart City, ou territoire intelligent, peut devenir un catalyseur permettant de faire converger les acteurs, un levier pour agir sur nos conditions de vie et accompagner les changements en replaçant les techniques au service de l'homme et de sociétés plus résilientes.

Tous producteurs

L'enjeu est de permettre à tous de s'ouvrir à ces possibles, de favoriser des productions locales proposant qualité environnementale et sociale, de faire mieux avec moins, de mieux gérer les infrastructures, réseaux et services publics au bénéfice des citoyens, de s'inscrire dans l'économie du partage. La dimension « smart » devient  la capacité à décloisonner, ouvrir, relier, partager, créer, redonner des capacités d'action pour nous permettre de nous adapter aux changements.

En donnant aux consommateurs des outils qui les transforment en producteurs, on transforme radicalement le marché aussi bien que l'économie qui en vit. Le territoire peut accompagner la multiplication des formes de créativité et des capacités de production, des nœuds de créativité, des lieux où les idées se forment et grandissent avant d'évoluer vers une forme commerciale. Et si ceci était la base de ce nouveau modèle de société où nous pourrions tous devenir producteurs, apprendre par et avec les autres ? Nous passons de consommateurs passifs à celui de contributeur depuis la production mais aussi dans la distribution et dans l'orientation.

 Un nouveau contrat social

Le « «local » deviendrait un projet vertueux de confrontation avec le « global », affirmation d'identités culturelles. L'accès à ces opportunités peut être facilité par des mouvements dans la gastronomie tels que « Slow Food » dans la dans lequel le consommateur devient co-producteur ou par la désintermédiation de la distribution avec « La Ruche qui dit oui » ou le « chapeau de paille », et de manière générale par une meilleure information concernant le coût social, sanitaire et environnemental de ces perspectives.

Comme l'envisage la Finlande, pour accompagner ce nouveau contrat social, il faudra peut-être en passer par une forme de revenu universel remplaçant les aides sociales et retraites de base et support pour accompagner les réformes nécessaires. Cela rejoint la réforme de la formation professionnelle qui vise à replacer l'individu au centre.

La perspective « smart city » doit aujourd'hui être l'opportunité de développer plus de résilience, c'est-à-dire des capacités d'adaptation et de rebond des sociétés, des territoires, des organisations, des individus. Il convient donc d'associer ceux qui vivent et font le territoire.

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