Doit-on parler d'ubérisation du système bancaire ?

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(Crédits : DR)
Alors que le Baromètre du crowdfunding 2015[1] dévoile que le montant levé par les plateformes de financement participatif a doublé, atteignant 300 millions d'euros en 2015, les banques doivent-elles craindre les fintech dans les années à venir ? Par Harold Zimé, président fondateur d'Hoolders.com

Jusqu'ici, les banques sont centrales dans notre économie. Mais leur rôle initial de collecte d'épargne à réinjecter dans l'économie réelle, s'est au fil des années financiarisé. Délaissant ainsi un pan entier du financement de l'investissement dans les entreprises.

À tel point que s'il est vrai que le montant des emprunts professionnels a augmenté, il n'en demeure pas moins que celui dédié aux TPE, PME a fortement reculé. Lorsque l'on sait que 97 % des entreprises sont des PME/TPE et que l'innovation est l'apanage de ces entreprises, l'on peut être surpris par cet abandon.

Le pouvoir des banques remis en cause

Dans le même temps, seuls 48 % des clients particuliers se rendent dans une agence pour souscrire un crédit immobilier ou réaliser une autre opération complexe. Contre 57 % en 2014. Une forte progression qui s'explique pas un changement profond des habitudes des Français.

Aujourd'hui, les personnes âgées de 18 à 50 ans préfèrent réaliser leurs démarches sur Internet en quelques clics plutôt que de rencontrer un conseiller le samedi matin. Le réseau qui faisait autrefois la force des banques de détail n'est plus un argument de poids dans la conquête et la fidélisation de clients.

Révolution de l'expérience utilisateur

Dès l'instant où la technologie révolutionne l'expérience utilisateur dans des secteurs institutionnels, on peut en effet parler d'ubérisation. Et les fintech répondent aux besoins des Français. Avec Boursorama, par exemple, il est possible d'obtenir un crédit immobilier en quelques clics sans avoir jamais à se rendre dans une agence pour un rendez-vous de deux heures. Simplicité on vous dit !

Lire aussi : Stéphanie Paix (Caisse d'Epargne Rhône-Alpes) : "Paris n'a pas le monopole de la fintech"

Par exemple, les Français détiennent 11 000 milliards d'euros d'épargne. Argent qui rapporte 0,75 % net /an (Livret A) et dont personne ne sait à quoi il est utilisé. C'est pour faire se rencontrer l'épargne et l'économie que des fintech permettent aux internautes de faire fructifier leur épargne de manière simple, rentable et responsable. Le concept séduit.

Le principe est simple : co-investir avec des professionnels financiers et dans des opportunités innovantes, dé-risquées. Une manière de dynamiser son épargne, mais surtout de créer des emplois et d'avoir une influence sur les innovations d'avenir.

La publication de Deloitte l'a confirmé : 82 % des Français privilégient aujourd'hui l'Internet fixe pour consulter leurs comptes, contre 13 % l'accès en agence. Si nous sommes au début de cette transformation digitale, il paraît évident que le secteur bancaire n'y échappera pas.

[1] Baromètre réalisé par Compinnov pour l'association Financement Participatif France

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Commentaires
a écrit le 19/02/2016 à 17:36 :
mouais.... pas certain des sources: "48 % des clients particuliers se rendent dans une agence pour souscrire un crédit immobilier ".... impossible que 52 % réalisent leurs crédits en toute autonomie, à distance..... En êtes vous sûr ?
Un peu simplistes ces raisonnement même s'il est vrai que le monde bancaire va subir de plein fouet l'ubérisation avec les fintech (attention... ils ne sont pas tous idylliques....) mais peut être également à cause de la montée en charge des blockchains....
A méditer...

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