L'entreprise peut-elle se contenter de recruter sur les compétences ?

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
La reprise qui commence à faire frémir l'emploi des cadres va sans doute raviver la « guerre des talents ». Nombreuses sont les entreprises qui devront rivaliser pour attirer les meilleurs candidats. Par Christophe Catoir, Directeur général des marques spécialisées du groupe Adecco (pôle Executive).

Mais que signifie « recruter des talents » à l'heure de l'émergence de nouveaux métiers et de nouveaux enjeux stratégiques ? Il faut repenser les bases du recrutement pour repérer, attirer et fidéliser ceux qui feront la réussite de l'entreprise.

En amont du recrutement, seule l'identification anticipée des potentiels permettra de définir les axes de progrès et investir dans le développement. Pour pallier la pénurie de talents, il convient de s'affranchir des traditionnelles analyses de compétences pour s'appuyer sur l'évaluation des comportements et des valeurs.

L'appropriation de la culture d'entreprise

Un des secrets des entreprises au destin d'exception réside dans leur capacité à faire vivre une histoire, une culture. Les recrutements efficients ne peuvent se concevoir qu'en intégrant la capacité des recrutés à s'approprier cette culture, tout en étant capable d'y générer des ruptures.

En se concentrant sur le potentiel du candidat, le processus de recrutement gagne en efficacité. Le recrutement affinitaire permet de répondre à cette problématique. De nouveaux outils d'analyse permettent d'affiner ces facteurs de performance que sont les quotients émotionnels ou relationnels.

L'alchimie du recrutement passe par la maîtrise de l'équation « savoir-faire, savoir-être, potentiel et motivations ». Une fois cette équation maitrisée, l'entreprise doit offrir à ses collaborateurs un incubateur de potentiel, source de sa propre performance. Ainsi, seulement, cette performance sera durable.

L'entreprise productrice de sa propre énergie

C'est dans la détection anticipée de profils adaptés à la culture de l'entreprise que se fera la différence. Cette nécessité se heurte à l'inadéquation des parcours de formation initiale. Ce décalage entre le monde de l'entreprise et celui de l'enseignement, incapable de préparer ses étudiants au monde du travail et à ses évolutions, doit donc être pris en compte par l'entreprise.

Les étudiants d'aujourd'hui exerceront demain des métiers qui n'existent pas. Seule l'intimité entre l'entreprise et l'enseignement permettra d'anticiper suffisamment pour ne pas sacrifier une classe d'âge passée à côté de la révolution numérique des métiers. Grâce à la création de masters professionnels, de filières de formation spécialisées, mais surtout à l'alternance, les entreprises développeront des compétences adaptées à l'évolution de leurs marchés et trouveront ceux qui produiront l'énergie vitale de leur développement.

L'enjeu de la détection du potentiel

Recruter sans avoir anticipé la capacité des candidats à se fondre dans la culture de l'entreprise pour y apporter les ruptures nécessaires n'est plus possible. Offrir à la génération qui rejoint nos entreprises un vrai parcours de développement personnel et une réelle prise en compte de la qualité de vie au travail n'est plus suffisant pour garantir la performance durable.

Ce qui compte désormais, c'est la capacité de détecter très tôt le potentiel de ceux qui composent l'extraordinaire génération de talents qui ne demande qu'à nous rejoindre. Ceci fait, il faudra accompagner et former, éduquer et coacher, pour apporter à nos entreprises le productif équilibre entre ruptures technologiques et résilience de leur histoire intime.

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Commentaires
a écrit le 14/07/2015 à 12:47 :
En total accord avec ce qui précède ....on commence quand chez Altedia ?
Belle journée et encore congrats pour cette nomination !
Bruno

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