Cynthia Fleury : “Aimer, c’est politique”

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A l’aune de sa multidisciplinarité, Cynthia Fleury est particulièrement légitime pour examiner l’humanité de l’Homme.
A l’aune de sa multidisciplinarité, Cynthia Fleury est particulièrement légitime pour examiner l’humanité de l’Homme. (Crédits : Hamilton / RÉA)
Elle est philosophe et psychanalyste, elle exerce comme professeur, chercheur et praticien dans un univers contrasté, composé de prestigieux établissements d’enseignement supérieur (Ecole Polytechnique, Sciences Po Paris, HEC, American University of Paris), du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, de la cellule d’urgence médico-psychologique du Samu, et de l’Hôtel Dieu – où elle vient de créer la première chaire de philosophie en secteur hospitalier. Des métiers, un terrain d’expérimentations et d’actions qui mettent ses convictions à l’épreuve – et se nourrissent – d’un public et d’une matière protéiformes, et qui la confrontent au « Réel ». Un réel dont elle appelle à combattre le « poison » marchand, matérialiste, spéculatif afin d’épanouir « l’être individué », c’est-à-dire l’être sujet, affranchi, désaliéné, singulier, créateur, altruiste et libre qui conditionne son « irremplaçabilité » aujourd’hui menacée. Sa multidisciplinarité confère à Cynthia Fleury d'être particulièrement légitime pour examiner l’humanité de l’Homme dans le prisme des systèmes, des technologies, des performances, du pouvoir et des vassalités qu’il déploie. Son auscultation est radicale, mais aussi espérance si « l’amour » qui construit l’être intrinsèque et l’être social parvient à s’imposer.

Acteurs de l'économie - La Tribune. Permettre à tout individu d'être ou de redevenir sujet selon le processus d'« individuation », reconnaître le caractère inaliénable et singulier de la personne...

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a écrit le 05/10/2016 à 15:33 :
L'évolution technologique en cours imposera la robotique dans tous les domaines et dans tous les secteurs, de sorte que les états développés trouvent à former les chômeurs capables de l'être par rapport au marché évolutif de l'emploi et pour les autres, se résignent par une allocation pérenne à ne les considérer que comme consommateurs. Le revenu d'existence correspondrait à une mesure plus intelligente, permettre aux gens soit de renoncer à travailler, avec ce plancher d'existence ; de travailler, mais pour un revenu total intéressant - le chantage patronal à la concurrence sur le marché du travail ayant pris fin ; de se lancer dans une activité répondant à sa personne, source d'innovations, tout en étant assuré, en cas d'échec, de pouvoir survivre grâce au revenu d'existence.
a écrit le 12/08/2016 à 17:14 :
Bonjour
Effectivement la lecture du texte est un peu ardue pour une personne telle que moi.
Effectivement le vocabulaire est un peu hermétique je dirais parfois plus les questions que les réponses ...
Effectivement cela peut donner l'impression d'être un peu "pédant" voire "prétentieux"...
C'est le lot des intellectuels/les dont le bagage de connaissances les coupe du "commun des mortels" ...
Mais, j'ai lu avec délectation cet article comme on suce une friandise et j'ai rarement lu quelque chose d'aussi juste ...
Merci à la revue et à Cynthia Fleury
a écrit le 17/05/2016 à 12:50 :
Oui, beaucoup de jargon en effet. Le jargon est nécessaire et incontournable lorsqu'il s'agit de mettre un nom sur un concept nouveau ou une situation existentielle dans laquelle se trouve l'être humain. Mais, là, la plupart du temps, il ne se justifie pas, dans la mesure où de "veilles lunes" (l'aliénation par exemple) sont appelées autrement, au motif que la société et le monde de production capitaliste, tels qu'ils ont été définis par Marx au 19ème siècle, auraient subi des transformations quantitatives telles qu'un saut "qualitatif" aurait été opéré, depuis peu, empêchant notamment à l'être humain de "s'individuer" pour reprendre l'un des concepts majeurs (nouveau ? Pas si sûr..) de l'interview. En en croire les nouveaux prophètes de malheur de la mondialisation et de la financiarisation, toujours à la recherche de "sauts qualitatifs" dans l'exploitation de l'homme par l'homme et de son aliénation, de tels "sauts" auraient été accomplis presque tous les dix ans depuis la fin des trente glorieuses. sachons raison garder et voir que malgré des différences évidentes entre le marché tel qu'il était organisé depuis la première révolution industrielle et ce qu'il est convenu d'appeler désormais le "néolibéralisme financiarisé", les invariants subsistent entre le capitalisme de papa et celui que nous vivons aujourd'hui. Le travailleur moderne est-il plus aliéné que celui de Germinal ? L'employé de grand magasin que ceux mis en scène par Zola dans le bonheur des dames ? Les scandales financiers plus importants que ceux du passé ? Les grandes crises des années 30 n'ont-elles pas été provoquées, plus par des dysfonctionnement des bourses que par l'économie "réelle" ? L'école et les méthodes pédagogiques d'aujourd'hui sont-elles plus une machine à broyer les individus que de laquelle je suis issu, école dans laquelle seulement 15% d'une classe d'âge entrait en sixième, dans laquelle on apprenait les les règles par coeur, sans les comprendre, à grands coups de punitions vexatoires et parfois de gifles et humiliations devant la classe ? Je n'en suis pas certain...Au total, j'ai bien peur que le capitalisme post moderne et son système éducatif ne soient pas fondamentalement plus une machine à broyer l'être humain et sociale, que celui contre lequel se levèrent les étudiants et les ouvriers en 68, déjà dénoncé (plus par les étudiants issus de la bourgeoisie) comme un instrument au service de la bourgeoisie au service de la "Reproduction" (Voir Bourdieu par exemple ).Et ce qui n'a pas, fondamentalement changé, malgré les dénégations des apprentis sorciers nouvelle vague qui voudraient à nouveau "casser la baraque" et changer radicalement le monde "de base", c'est que le marché, malgré tous ces défauts, et ceci encore plus après l'effondrement du monde communiste, semble un mode d'organisation des moyens de production et d'échanges moins destructeur de l'économie et même du tissu social, que ce qui fut tenté à grande échelle dans certains pays et qu'une extrême gauche radicale voudrait nous recycler en évitant de parler de mettre fin au capitalisme mais simplement à l'avatar "financiarisé" d'un néo-libéralisme qui aurait rompu les amarres avec le capitalisme tel qu'il aurait fonctionné, disons jusqu'à la fin de trente glorieuses. D'ailleurs je constate que Cynthia Fleury n'envisage qu'un aménagement du capitalisme, tout en doutant que cela soit possible. Une sorte d'aveu en quelque sorte que le capitalisme n'a pas vocation à être éthique et qu'il ne le sera jamais :" En revanche, un capitalisme « encadré » par des règles et donc assurant une concurrence relativement non faussée, ne serait pas ennemi de l'individuation. Mais est-ce possible ?"
a écrit le 16/05/2016 à 15:26 :
Comment faut-il comprendre que ce texte - qui n'est un "jargon" que pour ceux qui préfèrent ne pas se fatiguer en répétant sans cesse les mêmes lieux communs - que ce texte donc soit immédiatement suivi par une pub de la Revue Fiscale intitulée "Impôts 2016: 0 € grâce à la loi Pinel" ?? C'est le retour du refoulé ? ;-)
a écrit le 13/05/2016 à 9:51 :
Je partage: "quel jargon"!
Au fond et pour rester simple: l'individu n'est -il pas toujours tiraillé entre "Sea, Sex and Sun" et (comme j'aime à dire en souriant) FRIC, SEXE ET POUVOIR?
L'objectif ultime étant de contribuer avec justesse, liberté et responsabilité... Bref, vaste programme!
a écrit le 12/05/2016 à 9:23 :
Quel jargon ! Aussi bien du questionneur que de la questionnée... C'est la philosophie hermétique de mon premier prof de philo, qui recouvre et camoufles des idées qui pourraient être dites beaucoup plus simplement, clairement, et modestement. Pour répondre sur le fond : savez-vous que de Gaulle avait envisagé de supprimer le salariat, car attentatoire à la dignité humaine ?
Réponse de le 13/05/2016 à 10:12 :
Intéressant. Avez-vous une référence sur cette idée de de Gaulle, où elle a été exprimée. Merci d'avance.
Réponse de le 27/07/2016 à 10:03 :
Nul jargon dans ce texte, simplement, l'emploi de concepts philosophiques adéquats, reproche t'on à un mathématicien d'employer des termes qui lui sont propres ? Si vous ne comprenez pas ce texte ne le reprochez pas à son auteur ... Travaillez !
Réponse de le 18/08/2016 à 16:59 :
en réponse à Jean Quinze, j'ai trouvé une référence sur de Gaulle et l'abolition du salariat : http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/dossiers-thematiques/1958-1970-la-ve-republique/de-gaulle-et-la-participation/analyses/de-gaulle-et-les-conditions-du-monde-ouvrier.php
cordialement.

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