L'enjeu majeur de la formation continue des chefs d'entreprise

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(Crédits : Katalys)
Les chefs d'entreprise se forment peu ou du moins suivent rarement des formations selon les canons classiques de la formation professionnelle. Pour autant, cela ne signifie pas qu'ils n'en ont pas besoin. Au contraire, il en résulte un enjeu majeur de compétitivité pour leur entreprise. Par Jean-François Lécole, PDG de Katalyse.

La formation professionnelle est essentielle pour l'entreprise et sa compétitivité, mais elle concerne en général les salariés et rarement le chef d'entreprise. Fait peu connu, ce dernier verse d'ailleurs une contribution à la formation professionnelle, mais pas au même organisme que ses salariés. Dans notre beau pays amateur de complexité, c'eût été trop simple ! C'est trivial, mais il s'agit d'un frein à la formation du chef d'entreprise dans les PME.

La formation professionnelle classique, inadaptée aux chefs d'entreprise

Pour cette raison et bien d'autres (manque de temps, fourmis dans les jambes à l'idée de rester assis toute une journée, difficulté à passer de la posture de "celui qui sait" à "celui qui apprend"...), les chefs d'entreprise se forment peu ou du moins suivent rarement des formations selon les canons classiques de la formation professionnelle avec animateur, salle de formation et feuille de présence à signer.

Pour autant, cela ne signifie pas qu'ils n'en ont pas besoin : c'est d'ailleurs ce que se disent parfois les salariés en leur for intérieur en constatant les erreurs commises par le patron...Bien au contraire, il est essentiel pour les chefs d'entreprise de se former en continu, tant sur des thèmes généraux concernant la vie de l'entreprise (stratégie, management, gestion, marketing, finance, etc.) que sur des thèmes spécifiques portant sur son domaine d'activité.

Cela est d'autant plus vrai que la plupart de ces domaines évoluent à grande vitesse. L'enjeu est fort puisqu'en améliorant la formation des chefs d'entreprise, on améliore le taux de pérennité des entreprises. Cette pérennité est essentielle pour l'entreprise elle-même bien sûr, mais également pour la collectivité, car une entreprise qui survit et qui grandit crée des emplois, de la richesse... et paie des impôts.

Des solutions existent : outils et horaires adaptés, e-learning, conseil...

Or, comme nous l'avons vu, les chefs d'entreprise ont la particularité de ne pas pouvoir - et ne pas vouloir - suivre de formations traditionnelles. Ils sont très peu disponibles et leurs horaires ne correspondent pas aux créneaux classiques proposés en formation présentielle.

Une première solution, déjà largement appliquée, consiste à "tordre" le modèle classique en organisant des formations avec des séquences courtes en début ou fin de journée ou encore se déroulant en partie le week-end (cas par exemple de la formation "Lyon stratégie leaders" organisée les vendredis & samedis par la CCI de Lyon).

Les outils numériques permettent d'aller encore plus loin : par leur disponibilité en ligne à toute heure, la plupart des formations en e-learning s'adaptent aux contraintes horaires des entrepreneurs. Dans cette veine, il convient de saluer l'initiative prise par Bpifrance avec "Bpifrance Université", qui propose des formations en ligne dédiées aux dirigeants de PME. Traitant de sujets variés, les modules de formation sont découpés en plusieurs séquences ne dépassant pas 10 minutes. Mots d'ordre : souplesse et pragmatisme.

Le fond ne doit pas être négligé pour autant : les contenus de ces formations doivent être tournés vers la pratique et coller aux réalités du parcours des chefs d'entreprise. Car, comme le dit Jan Van de Sneptscheut, si "en théorie, il n'y a pas de différence entre la théorie et la pratique, en pratique il y en a".

Par nature, les chefs d'entreprise sont souvent des personnalités peu réceptives à un apprentissage académique, scolaire. Il est donc très important de leur proposer des formations concrètes, fondées sur des témoignages et des cas pratiques. Ils aiment bien apprendre par eux-mêmes de préférence à un enseignement vertical. C'est pourquoi les études de cas (y compris le cas de leur propre entreprise), voire, lorsque cela est possible, les jeux d'entreprise ou serious games sont à privilégier.

Dans le même esprit, les chefs d'entreprise pourront se former un peu à la façon de M. Jourdain "sans le savoir" au contact des cabinets-conseils intervenant dans leur entreprise.

Se former en formant les autres

Dernière solution, peut-être la plus efficace, se former en formant les autres. Qu'il s'agisse de former ses propres salariés, les salariés d'autres entreprises, d'autres chefs d'entreprise, des étudiants..., cela incite le chef d'entreprise à formaliser sa connaissance, à confronter ses expériences à celles des autres, à découvrir de nouvelles méthodes. Même si ce n'est pas le cas de tous les chefs d'entreprise, certains sont d'excellents pédagogues et leurs "stagiaires" sont ravis de bénéficier d'une formation issue du terrain et de la vie réelle.

Et, sans s'en rendre compte, le chef d'entreprise se forme, tout en étant aux manettes, comme dans son entreprise...

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Commentaires
a écrit le 01/02/2017 à 10:48 :
Père de l'intervenant, je me garderais bien de faire louange des idées fortes et du bon sens qui émanent de l'article, ce serait aussitôt taxé de chauvinisme familial !
Je répondrai au "citoyen désabusé" en essayant, avec le risque probable d'échouer, d'attirer son attention sur l'ineptie de ses propos et la faiblesse de ses arguments.
Mon parcours professionnel, et mon implication constante dans la Formation ( auquel mon patronyme m'oblige sans doute ! ) sont un désaveu patent de ses allégations.
L'incitation aux Dirigeants d'entreprises à se former en permanence pour répondre aux exigences, techniques - managériales - comportementales...., de leur fonction est un devoir pour tous les cabinets de Conseil et bien souvent l'une des recommandations majeures de ceux qui osent surpasser les blocages internes rencontrés.
a écrit le 01/02/2017 à 2:31 :
Belle analyse d'un entrepreneur entreprenant ayant le désir de toujours apprendre et s'enrichir des autres pour avancer ensemble
a écrit le 30/01/2017 à 15:55 :
Oui il est indispensable de former les chefs d'entreprises qui bien souvent ont hérité de leur outil de production sans donc en connaitre tous les tenants et aboutissants j'ai vu et vois encore des aberrations majeures compensée par un bon réseau d'amis et donc de clients mais pas étonnant qu'à l'export ça coince par contre.

Par contre je suis contre l'idée de cabinets conseils qui ont souvent tendance à suivre un seule dogme économique et donc peu enclin à s'adapter aux grandes différences de personnalités des uns et des autres, donc au mieux ils formatent tout le monde dans un seul moule au pire ils vont tout détruire car sans approche psychologique.

La troisième idée semble la bonne en effet car oui il existe des chefs d'entreprises qui mériteraient de faire le tour des chefs d'entreprises c'est indéniable, il y a des génies, maintenant et c'est le problème constant avec l'humain singulier de nature, le risque n'est il pas que ce soient les pires chefs d'entreprises car persuadés de détenir la vérité qui se portent volontaires à vouloir former les autres, ceux qui savent que la vérité n'est inscrite nulle part et qu'il faut donc faire l'effort permanent de la réflexion et du recul ?

Voilà comment une bonne idée peut se transformer en catastrophe et voilà également un énième phénomène que la pensée binaire néolibérale ne peut appréhender.
Réponse de le 01/02/2017 à 12:03 :
J'ai une triple légitimité à vous répondre, cher "citoyen désabusé":
> celle d'être le père du rédacteur de l'article et Administrateur de KATALYSE,
> celle d'avoir plus de 40 ans d'expérience professionnelle, en direction d'entreprises, et pour les 10 dernières en Conseil d'entreprises indépendant, ayant collaboré, entre autres, à de multiples missions de Katalyse
> celle d'avoir animé, et fait évoluer, pendant deux décennies, parallèlement à mes fonctions opérationnelles, un organisme de formations premières et de formation continue des Entreprises de la Loire-Atlantique, y compris le perfectionnement de tous les échelons hiérarchiques : management, conduites de projets (cercles de qualité, Analyse de la Valeur, enrichissement des tâches.....), technologies nouvelles.....

Votre 1° § est un tissu d'idées préconçues, voire dogmatiques, sans réel fondement, avec une teinture de déception personnelle !

Pour le 2°, je vous mets au défi de trouver, dans les missions réalisées par Katalyse, une seule qui correspondrait à vos critiques. Katalyse fait du sur-mesure à partir de méthodologies affinées en permanence au fil des expériences acquises et des spécificités des clients.

Quant au 3° § , l'incohérence de sa rédaction ne fait que s'ajouter à celle du fond, il est difficile de comprendre ce que vous avancez. Dommage, j'aurais souhaité vous y répondre là aussi !

Si je me permettais d'user de mon patronyme pour me poser en "Maître d'école" je vous dirais :" prestation médiocre, idées fumeuses, copie à revoir avec un esprit de gagnant, si c'est possible" !
Guy Lécole - Ingénieur AM et Ingénieur ESTA

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