La confiance, clef d'un dialogue social performant

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(Crédits : Alixio)
On parle souvent d'agilité, de réactivité, et le dialogue social, qui nécessite un peu de temps, peut alors être perçu comme facteur de lenteur ou vécu comme une course d'obstacles. Pourtant le dialogue social peut aussi être un facteur de performance et un formidable levier d'accélération pour l'entreprise, mais nécessite un prérequis : la confiance. Par Bruno Dupuis, Senior advisor Associé, Alixio

Les entreprises sont en permanence confrontées à de nombreux défis pour rester dans la course, maintenir ou adapter leurs activités ou encore créer de nouvelles activités, en particulier liées à la transformation digitale. On parle souvent d'agilité, de réactivité, et le dialogue social, qui nécessite un peu de temps, peut alors être perçu comme facteur de lenteur ou vécu comme une course d'obstacles. Pourtant le dialogue social peut aussi être un facteur de performance et un formidable levier d'accélération, moins visible, pour embarquer tout le monde, en particulier dans des périodes plus "chahutées" pour l'entreprise et ses parties prenantes internes.

Vertus

Toutefois, le dialogue social et ses différents vecteurs d'exercice que sont les processus d'information, de consultation et de négociation ne peuvent fonctionner et produire des résultats utiles pour tous que si les acteurs se font confiance et se respectent en vitesse de croisière.

C'est malheureusement là que, plus ou moins ouvertement d'ailleurs, le bât blesse. Que n'entend-on pas pour louer les vertus du dialogue social, alors qu'au pied du mur, des actes moins vertueux, plus expéditifs, résultant dans le meilleur des cas d'une méconnaissance, de la confusion entre vitesse et précipitation, et dans le pire, d'un manque de considération voire de mépris sous-jacent entre les acteurs. C'est alors la France de la société de défiance, où chacun se méfie de l'autre, qui resurgit, s'exprime selon des postures avec des situations conflictuelles larvées, plus ou moins inextricables et chronophages.

Confiance

Dans ce type de situation, il faut parfois accepter de tourner la page d'histoires coconstruites dans l'affrontement dont on oublie l'origine, comme dans la querelle des familles Montaigu et Capulet, pour repartir d'un bon pied et accepter aussi quelques imperfections de part et d'autre. À la différence des piles électriques au slogan longtemps célèbre, le dialogue social s'use lorsque l'on ne s'en sert pas au quotidien, comme monsieur Jourdain faisait de la prose. C'est un outil et un choix de régulation, pour les adaptations des statuts et contrats collectifs notamment, qu'a fait notre pays, avec une voie médiane exigeante, différente de celle de nos voisins allemands, avec la cogestion, ou de l'approche des pays anglo-saxons.

Pour bien fonctionner dans les périodes ou les passages de caps exigeants, les acteurs doivent se faire confiance, éviter les postures enfermantes, savoir se parler, partager des diagnostics et mesurer jusqu'où ils peuvent aller ensemble, dans des stratégies qui donnent la priorité au compromis et maximisent le bien commun. La confiance est la clef d'un dialogue social performant.

Signaux

Pour l'entretenir, il faut envoyer des signaux au plus haut niveau de l'entreprise, relayés au sein des différents niveaux de la ligne managériale et jouer la carte d'acteurs compétents et bien formés qui auront un haut niveau d'exigence dans les informations qui leur sont fournies et dans la façon de problématiser tel ou tel sujet. De ce point de vue, les grandes centrales syndicales ont aussi un vaste défi à relever en termes de GPEC (gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences) dans les années à venir, pour assurer la relève, attirer les plus jeunes et professionnaliser leurs représentants. Les entreprises ont tout intérêt à les accompagner pour réussir cette mutation et ce challenge qui est devant elles.

Un certain nombre d'outils sont sur l'établi, avec la loi Rebsamen qui permet déjà d'impulser de nouvelles approches dans l'organisation et le rythme du dialogue social, ainsi que le traitement de ses acteurs, au cours de leur vie professionnelle. Il y a une certaine urgence à s'en emparer dans des approches innovantes et constructives à froid pour renforcer chaque jour un peu plus la confiance.

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Commentaires
a écrit le 05/12/2016 à 16:03 :
La confiance se gagne facilement : il suffit de faciliter l'écoute,et permettre l'expression, tout en instaurant un cadre respectueux, garanti par un tiers neutre.
Eviter les intermédiaires, ou les modes détournés de communication.
Et ré-engager les personnes dans la relation : chacun est impliqué et acteur de la relation.
Et non plus victime systématique.

C'est la culture de la médiation.

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