Halte au concours Lépine fiscal

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
La taxe spéciale d'équipement régional, à hauteur de 600 millions d'euros, est une mauvaise réponse à une vraie question : comment doter nos régions de moyens adaptés aux nouvelles compétences qui leur ont été conférées ? Cette affaire augure mal de la qualité et de la sincérité du débat qui nous conduira aux élections du printemps prochain. Par Patrick Martin, président du Medef Auvergne Rhône-Alpes

Le concours Lépine des largesses électorales semble rouvert, en infraction aux indispensables engagements de maîtrise budgétaire pris par notre gouvernement. Ce concours prend notamment la forme tortueuse d'une taxe spéciale d'équipement régional, à hauteur de 600 millions d'euros, qui sera incluse dans le projet de loi de finances 2017. Cette taxe sera essentiellement supportée par les entreprises, mais aussi par les particuliers. Elle a été brutalement décidée, d'un commun accord entre le Premier ministre et le président de l'Association des régions françaises, dont les sensibilités politiques s'opposent.

C'est une mauvaise réponse apportée à une bonne question : comment doter nos régions de moyens adaptés aux nouvelles compétences qui leur ont été conférées ? Au niveau insupportable de prélèvements obligatoires que subit notre pays, sans résultats probants, quelques sources d'économies ou de réaffectations budgétaires doivent bien exister.

Conscience

Ceci est grave, de par les sommes en cause, mais aussi en raison du message qui nous est ainsi adressé, en complète contradiction avec d'autres discours plus positifs, émanant d'un bord politique ou d'un autre. Les entreprises, qui financent déjà les collectivités territoriales à hauteur de 37 milliards d'euros par an, sont donc en droit de s'émouvoir à double titre. Elles demandent à nos gouvernants des approches stratégiques lisibles, courageuses et déclinées avec constance.

Cette affaire de nouvelle taxe augure mal de la qualité et de la sincérité du débat qui nous conduira aux élections du printemps prochain.

Notre pays ne peut se permettre d'escamoter une nouvelle fois les vrais enjeux qui engagent son avenir, comme ce fût déjà le cas en 2012, avec les résultats que l'on sait.

Les chefs d'entreprise sont parfaitement conscients de leurs responsabilités économiques, sociales et sociétales. Ils les assument essentiellement. C'est la raison pour laquelle ils entendent faire valoir leur point de vue dans le débat démocratique qui s'ouvre : la voix du bon sens, du long terme et du parler vrai. Puissent-ils, pas plus mais autant que d'autres, être entendus !

Lire aussi : Patrick Martin (Medef Auvergne Rhône-Alpes) : "J'ai été élu sur mon discours industriel"

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Commentaires
a écrit le 12/10/2016 à 17:36 :
C'est la fuite en avant, à défaut d'avoir le courage de reformer le millefeuille et les services publics. De moins en moins publics, mais malgré tout, sauf rares exceptions, on a l'impression qu'ils sont de moins en moins efficaces. La décentralisation aurait du amener des réorganisation et donc des économies au niveau national, mais au lieu de cela on se contente de rajouter de couches ou de transférer les dépenses. Ou parfois pire, de raboter sans anticiper sur les dégâts produits à moyen/long terme (ex. pour la police, le médical avec les numerus clausus, etc...)
Ce n'est pas de la gouvernance, c'est de l'empilage ou du tripatouillage. A l'heure de la mondialisation et de la révolution numérique, cet argent serait mieux utilisé à développer l’économie.
a écrit le 12/10/2016 à 16:55 :
Nous sommes en démocratie. Les personnes qui comme Monsieur Patrick Martin ont une conception de la vie reposant sur une assumation de soi même avant de faire appel à la collectivité sont devenues MINORITAIRES.
Actuellement pour la MAJORITE de nos concitoyens la vie n'a pas d'autres sens que celui d'assouvir sans limites les désirs individuels par la collectivité.
En démocratie le MINORITAIRE a toujours tort, surtout quand c'est cette personne que la collectivité peut exploiter et "tondre".
Gauche et droite confondues, nos élus sont au 3/4 issus du secteur étatique ou des collectivités locales.
Ils se votent les lois et les budgets qu'ils vont dépenser pour entretenir cet électorat devenu majoritaire, peu soucieux de l'avenir et préoccupé par l'assouvissement de ses pulsions court-termistes.
Il n'y a pas de raison que cela change.
En démocratie, la MAJORITE a toujours raison!
Monsieur Patrick Martin, avec ses bons sentiments et sa confiance dans le dialogue, est la forme moderne de "l'idiot utile" chère à Lénine
a écrit le 12/10/2016 à 15:50 :
Le problème est qu'on n'a pas eu de conception de la cible du système global :
- Combien de niveaux de gestion pour la France ?
- Quelles sont les fonctions (construire une école, la gérer et recruter les instituteurs qui y travaillent participent de la même fonction) ? Quel est le business model de chaque fonction (ici le tarif global à l'année élève, financé par l'impôt direct national mais délégué à la collectivité locale pour mise en œuvre) ?
- A quel niveau (UNIQUE) on attribue telle ou telle fonction ?
Une fois cet exercice de conception fait on saura qui doit payer quoi et qui est responsable de quoi. Désolé de ne rien voir apparaître dans les programmes de la présidentielle...
a écrit le 12/10/2016 à 13:18 :
Derrière les déclamations grandiloquentes aucun de nos politiques ou responsables locaux, régionaux, n'a la moindre notion d'efficacité, de mesure de l'efficacité et de contrôle du résultat ! Il n'y a qu'une maxime : le manque de moyens . Le résultat ne dépend que des moyens financiers, pas de l'optimisation de l'organisation, pas du regroupement des compétences, pas de la mutualisation es compétences, pas de la productivité, etc... Il faut faire ses heures et dépenser son budget. Année après année on augmente donc les prélèvements tous en s'en défendant publiquement, on embauche sans jamais utiliser les compétences existantes et on promet sans le moindre regard dans le rétroviseur; Et pourtant, il y a des compétences dans la fonction publique, mais peu au niveau des sangsues élues qui font un petit tour et puis s'en vont........................
a écrit le 12/10/2016 à 12:47 :
Ce nouvel impot n'est qu'une entree en bouche. Des la prochaine alternance ca va etre la cavalerie. En cause : Les deficits. Francais il va falloir casquer et fort.

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