Énergies innovantes :  l'autre atout d'Auvergne-Rhône-Alpes

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
Première région énergétique française, grandes filières de l'énergie, réseaux de transport et de distribution, laboratoires de recherches, grands groupes, PME et start-up... la région Auvergne-Rhône-Alpes concentre les atouts pour relever les défis qu'impose la transition énergétique. Décisive, celle-ci s'impose comme levier de compétitivité, de réindustrialisation et d'emplois. Une thématique abordée lors d'une conférence organisée à l'Ucly par le Medef Auvergne Rhône-Alpes, en partenariat avec Acteurs de l'Économie-La Tribune.

Le secteur de l'énergie doit faire face à un double défi : assurer, dans un même temps, sa révolution digitale, tout en assurant la transition énergétique et lutter contre le réchauffement climatique. Des contraintes apparentes, des investissements plus lourds au départ, des efforts, des bouleversements qui, selon les acteurs du secteur, peuvent en réalité se transformer en véritables opportunités économiques pour les entreprises, particulièrement quand elles sont issues de la région Auvergne Rhône-Alpes

"Avec ses 300 000 emplois directs et indirects sur le territoire, la présence de 8 pôles de compétitivités et clusters, le territoire a une vraie carte à jouer pour bâtir une position de leadership international pour nos entreprises. Notre rôle est aussi d'identifier, d'aider et de promouvoir tous les acteurs de la filière", souligne Patrick Martin, président du Medef Auvergne Rhône-Alpes.

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Patrick Martin (Crédits : Laurent Cerino/ADE)

Mix énergétique du futur

Selon un scénario déroulé par l'Agence Internationale de l'Energie (AIE), à l'horizon 2014, toutes les énergies primaires continueront à se développer. Mais si le gaz naturel et le nucléaire représenteront 2,3% de la croissance annuelle mondiale, l'éolien et le solaire se développeront à un rythme équivalent à 7% de croissance par an.

"Ces énergies du futur seront incontournables. Nous avons déjà l'atout d'être une région deux fois moins de dépendante, d'un point de vue énergétique, que d'autres régions européennes", souligne Jérôme Tessier, président du comité énergie du Medef Auvergne Rhône-Alpes.

Mais au regard de ces données, le mix énergétique de demain ne sera pas donc par 100% renouvelable - même s'il est souhaitable de l'imaginer comme tel.

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Olivier Aubert, Bernard Jacquand et Philippe Torrion (Crédits : Laurent Cerino/ADE)

"Il n'y a pas de solution unique en matière d'énergie. Il faut baisser ses consommations partout où c'est possible, et envisager de se convertir à l'énergie la plus rentable et la plus adaptée à son activité", résume Olivier Aubert, directeur de l'offre à la direction générale de GRTgaz face à Philippe Torrion, directeur exécutif du groupe EDF en charge de la direction de l'innovation, de la stratégie et de la programmation. "Baisser la part du nucléaire au profit d'autres solutions pose la question du dispatchage et du stockage de l'énergie. Quand on aura trouvé une solution pour réduire les coûts de l'énergie renouvelable, ce sera peut-être envisageable. En attentant, il faut l'adosser à d'autres énergies".

Innovations énergétiques

Dès lors, ce mix énergétique ouvre le champ des possibles en matière d'innovations énergétiques. Là aussi, Auvergne Rhône-Alpes a déjà un coup d'avance. Ici, grands groupes et PME collaborent dans une saine émulation, poussés par l'arrivée des nouvelles technologies.

Ainsi, le centre de R&D de Schneider Electric, basé à Grenoble, travaille sur de nouvelles solutions capables de piloter à distance de nombreux dispositifs de régulation de l'énergie.

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)

Michelin mise sur les PME et les start-ups régionales : partenariat stratégique avec Allopneu, création d'un pôle d'excellence, Factolab, à Clermont-Ferrand... Tout en investissant dans le développement de l'hydrogène, à travers sa filiale lyonnaise Imeca et Symbio, son implantation grenobloise. Une énergie qui serait, notamment, utilisable pour les flottes de bus.

"Nous sommes un acteur de la mobilité durable. Nous considérons les potentialités de l'hydrogène comme une composante essentielle de cette mobilité", souligne Valérie Bouillon-Delporte, directrice initiative hydrogène de Michelin

Start-ups et pouvoirq publics

Des start-ups régionales dynamiques, pourvoyeuses d'emploi et de solutions techniques innovantes, émergent pour optimiser la consommation d'énergie (Energy Pool), simplifier le micro-stockage énergétique (I-Ten), valoriser le biogaz issu des installations de stockage des déchets (Waga Energy), réguler l'air intérieur avec une bouche de ventilation connectée et autonome (Enerbee), optimiser la production d'énergie renouvelable (SteadySun).

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)

"Nous disposons d'un réseau puissant avec un vrai alignement entre tous les représentants, y compris l'Etats et la Métropole. Nous sommes non seulement capables de faire de la recherche, mais surtout de produire de l'innovation pour développer des produits qui auront leur place sur le marché", se satisfait Pierre Beccat, directeur de l'Ifpen-Lyon et président du pôle de compétitivité Axelera.

Autant d'atouts également portés par la région, qui en fait une de ses priorités en 2017.

"Notre région, à fort potentiel, doit se positionner comme le leader de toutes les réflexions sur ces sujets. Elle doit proposer une façon intelligente d'aborder les enjeux économiques sans épuiser la planète. Nous avons déjà les filières, les talents et les projets", conclut Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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