Vers une école de "l'apprentissage" et non de la "transmission"

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
Comment faire en sorte que tout le monde réussisse sa scolarité ? L’enjeu – de taille – dépasse largement l’école. C'était le thème de la conférence du 22 septembre 2016, proposée par Acteurs de l’économie – La Tribune, en partenariat avec CIC Lyonnaise de Banque, et l’association "Coup de pouce".

Les chiffres sont accablants : chaque année en France, 100 000 enfants sortent du CP sans savoir lire ni écrire ; on compte plus de 130 000 décrocheurs chaque année, ces élèves qui quittent l'école avant la 3e et ne seront plus jamais scolarisés. "Cela représente 1,5 million de jeunes en dix ans, c'est un drame collectif, notre drame à tous", lance Michel Lussault, président du Conseil supérieur des programmes et directeur de l'Institut Français de l'Education.

Des arguments plutôt que des coups

Claude Thelot, ancien président de la Commission du débat national sur l'avenir de l'école, situe l'enjeu :

"Aujourd'hui - et cela n'était pas le cas dans le passé - réussir à l'école est nécessaire pour réussir sa vie. Cet échec de notre système scolaire doit devenir un enjeu de société, il en va de la cohésion sociale ; savoir échanger des arguments plutôt que des coups !"

Thelot

Claude Thelot. Crédits photos : Laurent Cerino

Face à cette école défaillante, qui s'avère en outre très inégalitaire (la France est dans la queue du classement de l'OCDE, juste devant la Turquie), les intervenants ont proposé des solutions. Il faut que l'école se tourne plus vers l'apprentissage et non la simple transmission.

"Faire un bon cours ne suffit plus. Il faut que les professeurs fassent acquérir connaissances et compétences et s'assurent que leurs élèves les ont bien acquises. Cela passe par de la présence, de l'accompagnement. Or on mesure le rôle du professeur à un nombre d'heures hebdomadaires, c'est tout", stigmatise Claude Thelot.

Le rôle des sciences expérimentales

Dans le cadre de ses fonctions, Michel Lussault a été amené à définir un socle de fondamentaux pour l'école. On trouve en premier lieu, la maîtrise des langages : le français, des langues étrangères, le langage scientifique. Mais aussi la maîtrise de méthodes, car l'acquisition de connaissances passe par des procédures.

"L'école doit leur donner ce qu'il n'est pas possible d'ignorer. C'est très important d'inclure des rudiments de sciences expérimentales, car la science donne les moyens d'observer, de comprendre, de discuter. Et conduit au savoir-vivre ensemble", poursuit Claude Thelot.

Parents essentiels

Autre constat amer : l'école française s'est construite contre d'autres institutions sociales, en premier lieu, les familles. L'école s'est sanctuarisée.

"Il est essentiel d'impliquer les familles, mais au-delà, de pratiquer la co-éducation avec les chefs d'établissement, les associations péri et para-scolaires...", souligne Michel Lussault.

Lussault

Michel Lussault. Crédits photos : Laurent Cerino

C'est ce que pratique avec succès depuis 20 ans l'association "Coup de Pouce"(soutenue par CIC Lyonnaise de Banque) dont le président Robert Bourvis expliquait :

"Les Clubs Coup de Pouce Clé interviennent le plus tôt possible, en CP, et implique les parents et toute la communauté locale, enseignants, services municipaux ... Coup de Pouce a accompagné 11 000 enfants. Au-delà des apprentissages, ils ont retrouvé la confiance en eux et le goût pour l'école."

Les deux spécialistes ont confiance dans les enseignants pour relever ces challenges : "ce sont de grands professionnels", assure l'orateur. Et Michel Lussault insiste : "il n'y a pas de société démocratique qui puisse se passer de la réussite de... chacun".

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Commentaires
a écrit le 04/11/2016 à 9:17 :
Bonjour, Je viens de lire votre article. Pour avoir fait de hautes études universitaires et étant en recherche d'emploi à l'heure actuelle malgré ces études ou devrais-je dire à cause de ces fameuses grandes études, je tiens à vous inciter à ouvrir les yeux au lieu de faire de grands et beaux mais malheureusement faux discours. Les bases de notre école de demain doivent être beaucoup plus modestes et plus pratiques (et non pas faites que de sciences fondamentales, expérimentales, théoriques) pour être employables. Savoir penser, réfléchir, argumenter, c'est-à-dire avoir un esprit critique est fortement décrié dans le monde du travail. Il est donc déconseillé de faire croire aux enfants qu'ils auront la liberté d'apprendre, de penser et de choisir leurs métiers. La chute quand on sort de l'école et qu'on se confronte à la réalité est lourde et douloureuse. A bon entendeur, salut. Ce n'est pas de la théorie qu'il faut, mais des stages.
a écrit le 31/10/2016 à 13:42 :
Bonjour,
Je viens de lire votre article. Pour avoir fait de hautes études universitaires et étant en recherche d'emploi à l'heure actuelle malgré ces études ou devrais-je dire à cause de ces fameuses grandes études, je tiens à vous inciter à ouvrir les yeux au lieu de faire de grands et beaux mais malheureusement faux discours.
Les bases de notre école de demain doivent être beaucoup plus modestes et plus pratiques (et non pas faites que de sciences fondamentales, expérimentales, théoriques) pour être employables.
Savoir penser, réfléchir, argumenter, c'est-à-dire avoir un esprit critique est fortement décrié dans le monde du travail. Il est donc déconseillé de faire croire aux enfants qu'ils auront la liberté d'apprendre, de penser et de choisir leurs métiers. La chute quand on sort de l'école et qu'on se confronte à la réalité est lourde et douloureuse.
A bon entendeur, salut. Ce n'est pas de la théorie qu'il faut, mais des stages.

Citation : https://lnkd.in/dBxwku2

http://www.vice.com/fr/read/pour-reussir-sa-carriere-en-entreprise-il-vaut-mieux-etre-stupide?utm_source=vicefrfb
a écrit le 31/10/2016 à 12:18 :
Bonjour,
Je viens de lire votre article. Pour avoir fait de hautes études universitaires et étant en recherche d'emploi à l'heure actuelle malgré ces études ou devrais-je dire à cause de ces fameuses grandes études, je tiens à vous inciter à ouvrir les yeux au lieu de faire de grands et beaux mais malheureusement faux discours.
Les bases de notre école de demain doivent être beaucoup plus modestes et plus pratiques (et non pas faites que de sciences fondamentales, expérimentales, théoriques) pour être employables.
Savoir penser, réfléchir, argumenter, c'est-à-dire avoir un esprit critique est fortement décrié dans le monde du travail. Il est donc déconseillé de faire aux enfants qu'ils auront la liberté d'apprendre, de penser et de choisir leurs métiers. La chute quand on sort de l'école et qu'on se confronte à la réalité est lourde et douloureuse.
A bon entendeur, salut. Ce n'est pas de la théorie qu'il faut, mais des stages.
a écrit le 28/09/2016 à 14:49 :
Hallucinant!!____
Voila des personnes qui ont fait toute une carrière dans la "haute fonction publique" et qui une fois à la retraite viennent vous expliquer ce qu'il faudrait faire et en définitive ce qu'elles n'ont pas fait !!!___
Mais à quoi cela sert-il d'avoir ce type d'"élite" si elle est incapable d'améliorer un système quand elle est aux commandes?____
Sachant que la définition de la rente est : "REVENU RÉGULIER et GARANTI"
Les hauts fonctionnaires ne sont-ils pas en définitive la forme moderne du rentier?
A bas la rente! Voila une piste pour diminuer notre déficit budgétaire
a écrit le 27/09/2016 à 19:02 :
Bonjour amical a J Lafay

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